Dataviz : les déplacements des Bleus à l’étranger

Publié le 5 juillet 2020, mis à jour le 27 juillet 2020 - Bruno Colombari & Hugo Colombari

Longtemps cantonnée en Europe, l’équipe de France est sortie du continent à 23 reprises depuis la guerre, découvrant l’Asie (1990) l’Afrique (1998) et l’Océanie (2001) après l’Amérique (1930). Voici une visualisation de données qui représente ces voyages par des lignes sillonnant le globe.

Vous pouvez zoomer ou dézoomer sur le globe en scrollant dans l’image vers le haut ou vers le bas. Vous pouvez aussi faire tourner le globe en gardant le clic gauche appuyé.

Les traits sont plus ou moins épais en fonction du nombre de matchs joués par destination (par exemple, 7 pour le Mexique). Au survol d’un trait, ce nombre s’affiche (pas sur smartphone). Les traits pointent sur la capitale du pays visité.
Le menu vous permet de sélectionner un continent. Le défilement dure 80 secondes.
Les pays sont triés par continents géographiques. Ainsi, la Turquie, Israël et l’Arménie sont en Asie, même s’ils évoluent dans le cadre de l’UEFA. L’Australie est en Océanie alors que sa sélection joue dans la Fédération asiatique.

Il faut s’imaginer ce que voulait dire voyager à l’étranger dans la première moitié du vingtième siècle. Sortir des frontières était une aventure, quitter le continent une expédition exceptionnelle. Savez-vous combien de fois l’équipe de France a quitté l’Europe entre 1904 et 1970 ? Une seule, à l’été 1930 où elle a embarqué sur le Conte Verde pour une traversée de l’Atlantique jusqu’au Brésil puis en Uruguay, pour la toute première Coupe du monde. Comme elle s’est consciencieusement appliquée à ne pas se qualifier pour les trois suivantes jouées sur le continent américain en 1950 (Brésil), 1962 (Chili) et 1970 (Mexique), il a fallu attendre janvier 1971 et une tournée hivernale en Argentine pour voir les Bleus sortir à nouveau du continent.

Entre temps, la banalisation de l’avion comme moyen de transport a permis de multiplier les déplacements plus lointains à l’intérieur de l’Europe : les îles britanniques avec Glasgow (1949), Belfast (1951) ou Dublin (1952), la Suède (1953), l’URSS (1955), l’Islande (1957), la Finlande (1960)... les déplacements en Europe centrale ou dans les Balkans, qui tournaient dans les années 20 ou 30 à des expéditions digne d’Indiana Jones, sont désormais banalisés : Prague et Belgrade à la fin des années 40, Vienne, Zagreb, Budapest ou Sofia dans les années 50.

A la conquête de l’Amérique

Les années 70, qui seront les années Concorde, généralisent quand à elles les déplacements intercontinentaux : après l’Argentine en janvier 1971, direction le Brésil à l’été 1972 (pour la Coupe de l’Indépendance, un tournoi amical), puis à nouveau l’Argentine et le Brésil en juin 1977, l’Argentine toujours en juin 1978 (Coupe du monde) et enfin les Etats-Unis (New York) en mai 1979.

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A côté de cette frénésie de voyages, les années 80 marqueront un retour à la maison. Il y a eu bien sûr le Mundial 1986 au Mexique, mais à part ça, il faut bien chercher dans les coins un amical à Tel-Aviv contre Israël (intégré à la zone Europe, mais joué au Proche-Orient) à l’hiver 1988.

Premières sorties en Afrique et en Asie

Les années 90 seront plus prolifiques, avec la découverte de l’Asie : Koweït (janvier 1990) et Japon (juin 1994) et l’Afrique avec le Maroc en mai 1998 pour préparer la Coupe du monde à domicile. Et des déplacements aux confins de la zone Europe en Israël encore (1993 et 1995), en Turquie (1994) ou en Arménie (1999). Il aura donc fallu 94 ans aux Bleus pour franchir la Méditerranée, quatre de plus que pour explorer la zone Pacifique pourtant bien plus lointaine. Depuis, la Tunisie n’a été visitée que deux fois, alors que l’Algérie n’a toujours pas reçue l’équipe de France, de même que l’Egypte ou l’Afrique subsaharienne qui a pourtant vu naître sur son sol plusieurs futurs internationaux français via le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun, la République démocratique du Congo ou l’Angola.

Voyages éclairs aux Antipodes

Ce n’est que dans les années 2000 que les Bleus ont explosé le bilan carbone. Une fois champions du monde (puis d’Europe), les coéquipiers de Zidane sillonnent soudain la planète en mode Harlem Globe Trotters : Maroc et Afrique du Sud en 2000, Corée du Sud, Japon, Australie et Chili en 2001, Corée du sud et Tunisie en 2002, le tout en à peine deux ans. Les Bleus testent le concept de voyage-éclair : que ce soit à Johannesbourg, à Melbourne ou à Santiago, ils passent à peine plus de temps sur place que dans l’avion, parfois même, comme en novembre 2001, entre deux tours de Ligue des Champions.

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Ce voyage à Melbourne crée d’ailleurs une polémique, pas uniquement en raison des attentats du 11 septembre qui ont lourdement perturbé le trafic aérien mondial deux mois plus tôt. La FFF a affrété un Boeing 747 spécialement aménagé pour six millions de francs (environ un million d’euros). Une délégation d’une trentaine de personnes accompagnent les vingt joueurs qui bénéficient d’une salle de massage et d’une autre de jeux. Il faut bien ça pour cinquante heures d’avion en quatre jours !

La perte du titre mondial entraîne la fin de la folie des grandeurs et une certaine relocalisation : jusqu’au mondial sud-africain, l’équipe de France ne sort plus que deux fois d’Europe, pour aller jouer en Israël et en Guadeloupe en 2005, premier déplacement dans les DOM-TOM. 

Au-delà de l’Oural

La bougeotte reprend en 2010 avec un amical en Tunisie, un autre à la Réunion et la funeste Coupe du monde en Afrique du Sud. Une tournée sud-américaine en mode seventies (Uruguay et Brésil) est montée, contre l’avis du nouveau sélectionneur Didier Deschamps, en juin 2013 et, comme celle de 1977, elle sert de reconnaissance à la Coupe du monde 2014 qui voit les Bleus sillonner le Brésil de Porto Alegre à Brasilia en passant par Rio et Salvador de Bahia. C’est à ce jour la dernière sortie d’Europe de la décennie 2010, même si les voyages à Kazan et Iékaterinbourg en juin-juillet 2018 ont envoyé les Bleus aux confins de la Russie européenne, voire même au-delà de l’Oural et donc en Sibérie. C’est le plus lointain déplacement de l’équipe de France (3890 kilomètres) à l’intérieur de l’Europe, ou plus exactement sur le territoire d’un pays européen, puisque l’Oural marque la frontière géographique entre l’Europe et l’Asie.

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