En attendant le monde (3) : les 24 finalistes français

Publié le 10 janvier 2018

En 1998 et en 2006, sur un maximum possible de 45 joueurs, ils sont 37 à avoir figuré sur les deux feuilles de match à Saint-Denis et à Berlin, plus deux suspendus. Et 24 à avoir eu du temps de jeu, comme titulaire ou remplaçant. Voici le détail joueur par joueur.

Si tout se passe bien cet été, il faudra actualiser ce tableau au matin du 16 juillet, en y ajoutant 14 noms. Ce qui porterait à 38 le nombre de joueurs français à avoir disputé une finale de Coupe du monde. Pour l’instant, il y en a 24. Les deux précédentes ayant eu lieu à huit ans d’intervalle, quatre joueurs ont participé aux deux (Barthez, Thuram, Vieira et Zidane) tandis que deux autres avaient suivi la première sur le banc et joué la seconde (Henry et Trezeguet). En 2018, le renouvellement serait complet : le seul cumulard serait le sélectionneur, Didier Deschamps.

L’arc de cercle bleu clair autour du médaillon du joueur définit le nombre de minutes jouées lors de la finale de 1998, l’arc bleu foncé celle de 2006. Le nombre indique le cumul de minutes sur les deux finales.

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Barthez et Thuram, les inamovibles

Le premier a détenu le record de sélections pour un gardien pendant près de 15 ans [1], le second est toujours titulaire de celui du nombre de matchs joués en équipe de France. Il était donc logique qu’on les retrouve tous deux en tête du nombre de minutes jouées en finale mondiale : 210 chacun, soit les 90 minutes contre le Brésil en 1998 et les 120 face à l’Italie en 2006.

Barthez a été parfait lors de la première finale, hormis une sortie aux poings aventureuse en deuxième mi-temps qui aurait pu coûter un but. Il a été plus en difficulté à Berlin, battu deux fois en première période sur des têtes de Materazzi (égalisation italienne) et Toni (repoussée par la barre). Avec le brassard de capitaine récupéré à la sortie de Zidane, il n’a rien pu faire lors de la séance des tirs au but, en encaissant cinq sur cinq.

Thuram aura fait deux énormes finales à deux postes différents. Contre le Brésil, il joue dans le couloir droit où il ne laisse rien passer et lance des contres ravageurs en première mi-temps. Face à l’Italie, il forme avec Gallas une charnière centrale redoutable contre laquelle Toni ne trouve pas de solution.

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Vieira et Zidane, la symphonie interrompue

Patrick Vieira aura connu la particularité de disputer deux finales mondiales, mais aucune en intégralité. Avec 70 minutes au compteur, il est même dans les huit Bleus qui ont passé le moins de temps sur le terrain. Contre le Brésil, il entre à un quart d’heure de la fin suite à l’expulsion de Desailly, et délivre une passe décisive à Petit lors de l’ultime contre français. Face à l’Italie, il est le meilleur bleu en première mi-temps mais abandonne dix minutes après la reprise, victime de contractures aux cuisses.

Zidane aura vécu lors de ses deux finales mondiales une sorte de concentré de sa carrière : trois buts improbables (deux de la tête sur corner, pas vraiment une spécialité française, et une panenka presque ratée), des actions de grande classe, et une sortie de route inexplicable, le douzième et ultime carton rouge de sa vie de footballeur professionnel. A dix minutes d’un éventuel deuxième sacre mondial.

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Sagnol, Gallas, Abidal, Makelele, Malouda : Berlin n’était pas mûr

Ces cinq-là ont également joué l’intégralité de la finale de 2006, et s’en sont globalement bien tirés. Si Eric Abidal et Florent Malouda ont semblé un peu tétanisés en première période, il faut mettre au crédit du premier d’avoir transformé un tir au but et au second d’avoir provoqué le pénalty. Sagnol a lui aussi marqué un tir au but et failli donner une passe décisive à Zidane en prolongation. Makelele a pour sa part bien contrôlé le milieu italien.

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Henry, Trezeguet : sur le banc quand il ne fallait pas

Avec Thuram, Barthez, Vieira et Zidane, ils font partie des six joueurs à avoir vécu les deux finales sur la feuille de match. Mais en 1998, Henry et Trezeguet sont restés sur le banc pour la seule fois de la compétition. Huit ans après, Henry est titulaire en pointe, mais ne réussit pas sa finale. Trop isolé devant, il se crée deux occasions nettes en début de deuxième mi-temps sans arriver à les convertir. Il sort juste avant l’expulsion de Zidane.

Le sort de Trezeguet est encore plus cruel. Domenech ne compte pas sur lui en 2006 et s’il remplace Ribéry après dix minutes de prolongations, c’est sans doute parce que le sélectionneur, superstitieux, espère refaire aux Italiens le coup de l’Euro 2000 (d’autant que Wiltord vient de remplacer Henry). David aura une occasion, une seule, quand Wiltord percera côté droit mais ne parviendra pas à redresser la trajectoire de son centre alors que Trezeguet arrivait seul devant Buffon. Et le tir au but du Turinois tapera le dessous de la barre avant de rebondir devant la ligne.

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Guivarc’h, Ribéry : les petits derniers

L’avant-centre d’Auxerre dispute face au Brésil sa 13e sélection seulement. Ce sera aussi l’avant-dernière, Roger Lemerre ne l’appelant qu’une seule fois pour une deuxième mi-temps amicale contre la Croatie, en novembre 1999. Franck Ribéry, lui, fait encore mieux puisque la finale de Berlin contre l’Italie n’est que son dixième match international. A 23 ans, il lui reste près de 8 années de carrière avec les Bleus.

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Lizarazu, Lebœuf, Deschamps, Petit : l’occasion de leur vie

Trois de ces quatre-là seront encore dans la liste en 2002, Deschamps ayant mis un terme à sa carrière internationale après l’Euro 2000. Mais ils savent bien que le 12 juillet 1998, ils ont une occasion unique d’entrer dans l’histoire, et il ne faut pas la manquer. Des quatre, Franck Lebœuf est le moins attendu. Il remplace au pied levé Laurent Blanc, suspendu, et gère presque sans souci un Ronaldo très diminué. Manu Petit offre une passe décisive pour le premier but de Zidane, voit un tir du droit frôler le poteau de Taffarel et marque le troisième but qui est aussi le millième de l’histoire des Bleus. Chapeau.

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Djorkaeff, Desailly, Karembeu : sortis avant l’heure

Auteur d’une prestation très brouillonne, et averti par l’arbitre, Christian Karembeu est remplacé à la 57e minute par Alain Boghossian. un changement défensif alors que lors des matchs précédents, le Kanak sortait au profit de Thierry Henry plutôt. Marcel Desailly, lui, est victime de deux cartons jaunes à vingt minutes d’intervalle (48e et 68e), le premier pour contestation, le second pour un tacle sur Cafu au-delà de la ligne médiane. Enfin, Youri Djorkaeff sort pour compenser le recul de Petit en défense centrale, Patrick Vieira prenant sa place au milieu.

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Boghossian, Dugarry, Diarra et Wiltord : entrants, pas décisifs

Les quatre derniers remplaçants (en plus de Vieira et Trezeguet) ont fait le job, sans plus. Deux d’entre eux, Alain Boghossian et Alou Diarra, ne pensaient certainement pas être de la fête : le premier, titulaire une fois sur les quatre premiers matchs, n’avait joué ni en quart ni en demi. Quant au second, son expérience en Coupe du monde se limitait à neuf minutes en fin de rencontre contre le Togo. Dugarry aura eu une balle de 3-0 à neuf minutes de la fin, gâchée devant Taffarel, tandis que Wiltord marquera son tir au but contre Buffon.

Et les quinze qui n’ont pas joué

Treize autres joueurs ont assisté à une finale mondiale depuis le banc de touche. Il s’agit des gardiens Bernard Lama, Lionel Charbonnier (1998), Grégory Coupet et Mickaël Landreau (2006), des défenseurs Vincent Candela (1998), Gaël Givet, Jean-Alain Boumsong, Pascal Chimbonda et Mikaël Silvestre (2006), des milieux Robert Pirès (1998) et Vikash Dhorasoo (2006) et des attaquants Bernard Diomède (1998) et Sidney Govou (2006). Deux autres joueurs étaient suspendus : Laurent Blanc (1998) et Louis Saha (2006).

Equipe de France 1998
Equipe de France 1998
En haut, de gauche à droite : Thuram, Barthez, Guivarc’h, Lemerre, Zidane, Blanc, Lama, Vieira.
Milieu : Karembeu, Petit, Henry, Jacquet, Pirès, Trezeguet, Candela, Djorkaeff.
Bas : Diomède, Dugarry, Desailly, Charbonnier, Boghossian, Lebœuf, Lizarazu, Deschamps.
Equipe de France 2006
Equipe de France 2006
En haut, de gauche à droite : Coupet, A.Diarra, Abidal, Gallas, Barthez, Boumsong, Thuram, Henry, Landreau.
Au milieu : Ribéry, Saha, Silvestre, Trezeguet, Chimbonda, Wiltord, Malouda, Dhorasoo.
En bas : Givet, Makelele, Zidane, Domenech, Vieira, Sagnol, Cissé.

Le tableau des 24 finalistes

Ils sont triés d’abord par nombre de finales jouées, puis par temps de jeu en finale, puis par nombre total de sélections.

Joueur J
fin.
Temps
de jeu
finales
Temps
de jeu
1998
Temps
de jeu
2006
J
CM
Temps
de jeu
CM
total sel
Lilian Thuram 2  210 120  90 16 1524 142
Fabien Barthez 2  210 120  90  17 1614 87
Zinedine Zidane 2  200 90  110 12 1109 108
Patrick Vieira 2  70  15 55 12 941 107
William Gallas 1  120 0  120  10 930 84
Florent Malouda 1  120 0  120 9 655 80
Claude Makelele 1  120 0  120 8 750 71
Willy Sagnol  120 0  120 7 660 58
Eric Abidal 1  120 0  120 8 750 65
Thierry Henry 1  107 0  107 17 1168 123
Franck Ribéry 1  100 0  100 10 786 81
Didier Deschamps  90 90  0 6 594 103
Bixente Lizarazu 1  90 90  0 9 864 97
Emmanuel Petit 1  90 90  0 8 688 63
Franck Lebœuf 1  90 90  0 5 301 50
Youri Djorkaeff 1  75 75  0 9 657 82
Marcel Desailly 1  68 68  0 10 932 116
Stéphane Guivarc’h 1  66 66  0 6 267 14
Alou Diarra 1  65 0  65 3 156 43
Christian Karembeu 1  57 57  0 4 243 53
Alain Boghossian 1  33 33  0 5 209 26
Christophe Dugarry 1  24 24  0 6 202 55
David Trezeguet 1  20 0  20 12 716 71
Sylvain Wiltord 1  13 0  13 10 459 92
Voir le tableau des joueurs en Coupe du monde 

[1Il a dépassé celui de Bats (50 capes) en juin 2002, avant d’être dépassé par Lloris en juin 2017 (88 contre 87).

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