[854] France-Turquie (1-1) : coup d’arrêt

Publié le 15 octobre 2019 - Bruno Colombari

Desservis par un milieu de terrain trop maladroit et une attaque désordonnée, des Bleus volontaires ont concédé un nul frustrant contre la Turquie et devront attendre le mois prochain pour valider leur qualification.

Le résultat était-il prévisible ?

Compte tenu du contexte politico-militaire autour du match, de l’enjeu (qualification directe à l’Euro en cas de victoire) et du souvenir de l’aller à Konya, on pouvait s’attendre à une opposition serrée entre les deux favoris du groupe H. Un nul ou une victoire française par un but d’écart étaient les options les plus probables, la deuxième étant évidemment préférable à la première.

C’est pourtant celle-là qui a eu lieu, et au vu d’une deuxième mi-temps beaucoup plus ouverte et équilibrée que la première, ce n’est pas totalement immérité. Les Bleus n’étaient pas très inspirés ce mois-ci, les forfaits de Lloris, Pogba, Kanté et Mbappé finissant par peser lourd dans la balance et faisant basculer cette dernière du côté frustrant. Rien de bien grave évidemment tant la Moldavie semble être l’équipe la plus faible du groupe H (battue 0-4 à domicile par l’Albanie !). Normalement, il ne devrait pas y avoir de problème le 14 novembre prochain, mais il faut toujours se méfier de la normalité.

L’équipe est-elle en progrès ?

Dans le jeu, oui, même si la deuxième mi-temps en Islande avait été plus emballante que la première (ce qui n’était pas difficile). Face à un adversaire plus relevé (mais très prudent également, au moins pendant une heure), l’équipe de France a essayé de construire, de faire circuler le ballon et de pousser les Turcs à la faute. Dans l’intention, c’était bien.

Le problème vient plutôt de la finition. Alors que l’on attendait Thomas Lemar à la place de Moussa Sissoko, c’est le milieu de Tottenham qui était aligné d’entrée, comme à Reykjavik, avec Corentin Tolisso et Blaise Matuidi. Et le gain technique par rapport à l’Islande n’a pas vraiment sauté aux yeux. Sissoko a touché de nombreux ballons sur le flanc droit de l’attaque française, mais il n’en a jamais fait bon usage, ses frappes n’étant pas assez bien placées pour faire mouche, et ses choix manquant de justesse.

L’autre choix fort du sélectionneur, titulariser Ben Yedder à la place de Giroud, avait du sens compte tenu du manque de condition de l’attaquant de Chelsea. Le problème est que la liaison offensive avec Coman et Griezmann n’a quasiment jamais fonctionné.

Enfin, les changements ont été bien tardifs. Et c’est dommage, car Olivier Giroud n’a mis que quatre minutes avant d’ouvrir le score, et que Thomas Lemar a apporté de la percussion et de la vitesse. Quant à Jonathan Ikoné, rentré comme en Islande pour une poignée de minutes, il a tout juste eu le temps de placer une frappe violente au premier poteau.

Quels sont les joueurs en vue ?

La défense dans son ensemble a donné satisfaction en première mi-temps, avant de lâcher progressivement en seconde période et d’ouvrir des espaces aux Turcs. La rentrée de Lucas Hernandez a été intéressante, le sang-froid de Clément Lenglet aussi.

En attaque, Kingsley Coman a semé le désordre dans une défense très compacte au sein de laquelle les Bleus étaient trop statiques. Mais il n’avait plus l’efficacité du mois de septembre. Enfin, Olivier Giroud est rentré très déterminé et son but de la tête sur un corner de Griezmann est remarquablement exécuté.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Sur ce match-là, deux joueurs avaient l’occasion de se montrer. Steve Mandanda a été très peu sollicité, mais son placement sur le but turc n’est pas irréprochable, son premier poteau étant insuffisamment fermé. Quant Wissam Ben Yedder, c’est la grosse déception de la soirée. Le Monégasque, dont les entrées en jeu avaient été intéressantes lors des matchs précédents, n’a eu aucun impact devant, et a très peu utilisé son jeu court.

Si Corentin Tolisso a connu un déchet inhabituel chez lui, Antoine Griezmann a confirmé qu’il traverse une passe maussade. On mettra à son crédit le corner dévié de la tête par Giroud, mais pour le reste, c’est très insuffisant. Et il est coupable sur le but égalisateur de la Turquie, en provoquant un coup franc (et récoltant au passage un avertissement) par une faute très évitable à 40 mètres de ses cages.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Les deux derniers matchs de novembre (Moldavie le 14, Albanie le 17) avaient deux vocations possibles : soit laisser une dernière chance aux Bleus de glaner les quelques points manquants pour assurer la qualification, soit de servir de préparation lointaine à l’Euro. Finalement, le France-Moldavie devrait être nécessaire pour entériner le ticket pour 2020, sauf si l’Islande ne gagne pas en Turquie (ce qui est le plus probable), puisque le match sera terminé au coup d’envoi à Saint-Denis.

Autrement dit, les données du problème sont très simples : si la Turquie bat l’Islande ou si les deux équipes font match nul, les Bleus sont qualifiés avant le match. Si l’Islande l’emporte, la France aura besoin d’une victoire pour passer. Sachant que la Moldavie compte 7 défaites en 8 rencontres, pour une seule victoire à domicile contre Andorre. Elle n’a inscrit aucun but lors de ses 4 déplacements (pour 10 encaissés).

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