Allemagne-France (0-0) : une rentrée sans fournitures

Publié le 6 septembre 2018

Comme en 1998, les Bleus champions du monde n’ont pu faire mieux qu’un nul à l’extérieur pour leur retour à la compétition. Même si c’est plus honorable en Allemagne qu’en Islande, il y a encore du travail en perspective.

Le résultat était-il prévisible ?

L’expérience montre que l’après-titre est une phase délicate dans la vie d’une sélection. Les premiers matchs post-Coupe du monde 1998 et ceux qui ont suivi l’Euro 2000 (hormis celui contre la sélection FIFA en août) ont été plutôt laborieux. Face à une Allemagne qui n’avait plus battu les Bleus chez elle depuis 1987 (!) et qui n’est jamais aussi dangereuse que dans ces phases qualificatives, un match nul était logique, mais pas forcément une 0-0 puisque ce n’est que le deuxième en trente confrontations franco-allemandes depuis 1931. Vu le nombre d’arrêts réussis par Alphonse Areola, et le faible nombre d’occasions françaises devant la cage de Neuer, c’est plutôt un point pris que deux de perdus.

L’ironie de l’histoire, c’est que pendant longtemps cette affiche de prestige a ressemblé à ces fameux matchs amicaux qu’il fallait à tout prix éradiquer du calendrier international : pas de rythme, pas d’ambiance, peu d’engagement et un festival de maladresses techniques. Si la deuxième mi-temps a été plus enlevée, ça reste assez loin de l’intensité et de la pression d’un match de phase finale européenne ou mondiale. Mais on pouvait s’y attendre.

L’équipe est-elle en progrès ?

En première mi-temps, on a retrouvé l’équipe de France de la Coupe du monde, jouant en bloc bas et privant de ballon ses trois joueurs offensifs, hormis Olivier Giroud venu défendre jusque dans sa surface. A ceux qui attendaient un jeu plus ambitieux une fois la deuxième étoile cousue sur le maillot, le match de Munich a dû faire l’effet d’une douche froide.

Hormis les cinq dernières minutes de la première mi-temps et le quart d’heure qui a suivi la pause, les Bleus ont passé leur temps à subir et à défendre, d’abord sans inquiétude puis à l’arrache quand la pression adverse s’est faite plus forte après l’entrée de Ilkay Gündogan.

Quels sont les joueurs en vue ?

Si Alphonse Areola ne gagne pas au moins un statut de numéro deux sur ce match, c’est à n’y rien comprendre. Le gardien parisien a montré plus de choses en une heure et demie que ses prédécesseurs remplaçants. Le faire débuter à Munich contre une Allemagne revancharde n’était pas un cadeau, mais il en a fait une opportunité pour montrer sa valeur. Il mérite d’être revu.

Paul Pogba a connu un peu de déchet, mais il a compensé par beaucoup d’activité au milieu, et il le fallait aux côtés d’un Kanté à la peine en première mi-temps et d’un Matuidi loin d’être transcendant. Derrière, Raphaël Varane et Lucas Hernandez ont fait une bonne prestation.

Quels sont les joueurs en retrait ?

La complémentarité du trio offensif Giroud-Griezmann-Mbappé n’a pas semblé évidente, mais il est vrai qu’aucun des trois n’a évolué à son niveau à Munich, même si le Madrilène a montré de belles choses par moments. Mais la rentrée calamiteuse d’Ousmane Dembélé laisse perplexe sur les alternatives possibles.

Derrière, Benjamin Pavard, victime d’entrée d’un tacle à la gorge de Rüdiger qui aurait pu valoir un carton rouge, est passé à côté de son match. Timo Werner a fait ce qu’il a voulu dans son couloir, par lequel presque toutes les attaques allemandes sont passées. Samuel Umtiti n’a pas non plus semblé au mieux, un peu comme à l’entame de la Coupe du monde.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Pas le temps de laisser refroidir qu’il faut déjà s’y remettre. On peut d’ailleurs s’interroger sur la pertinence de placer deux matchs de ce niveau, contre des adversaires relevés, à 72 heures d’intervalle en début de saison. La Ligue des Nations continue donc avec un France-Pays-Bas qui a un air de déjà vu, puisque c’est le cinquième en quatre ans et demi.

Comme les quatre précédents ont tous été gagnés par l’équipe de France, et que c’est le grand retour des champions du monde à Saint-Denis, on attend d’eux une victoire pour fêter le titre et rester dans la course à la première place du groupe. Il sera toujours temps, en octobre contre l’Islande, de rappeler des écartés de l’épopée russe ou de lancer des nouveaux.

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