France-Etats-Unis (1-1) : ils sont loin d’être prêts

Publié le 9 juin 2018

Pour leur dernier match de préparation avant la Coupe du monde, les Bleus sont passés à travers face à une juvénile équipe étatsunienne. Les titulaires se sont mis en danger.

Le résultat était-il prévisible ?

Non. Les Etats-Unis alignaient une sélection encore plus expérimentale que l’Irlande ou l’Italie, contre laquelle les Bleus devaient l’emporter largement. Il n’en a rien été, à tel point que l’égalisation de Mbappé a été accueillie avec soulagement alors que les Américains avaient eu une balle de 0-2 dès la reprise. C’est dire si ce 1-1 est une surprise plutôt désagréable alors que les deux matchs précédents avaient apporté des motifs de satisfaction.

L’équipe est-elle en progrès ?

Clairement non, même s’il faut s’entendre par ce qu’on entend par équipe. Didier Deschamps a testé trois dispositifs différents à Saint-Denis, à Nice et à Lyon, et alors que ce dernier était sensé être celui des titulaires, il a été le moins abouti des trois. La première heure de jeu a été d’une faiblesse inquiétante autant dans le jeu collectif entre des joueurs qui ne se trouvaient pas et une lenteur exaspérante depuis l’arrière que dans les individualités, incapables d’accélérer et d’éliminer des adversaires pourtant largement à leur portée.

C’est pourtant sur un modèle de jeu direct et de percussion en trois touches de balle (Fekir qui décale Pavard qui centre pour Mbappé qui marque) que les Bleus ont trouvé la solution avant de faire un dernier quart d’heure enfin correct. Mais pour remonter à une performance aussi décevante, il faut aller jusqu’à la deuxième mi-temps face à la Colombie en mars dernier ou lors du France-Luxembourg de Toulouse en septembre 2017.

Quels sont les joueurs en vue ?

Parmi les onze titulaires alignés à Décines, aucun n’a été au niveau attendu, pas même Kilyan Mbappé. L’attaquant parisien a certes inscrit son quatrième but en quinze sélections, ce qui est très correct, mais il a connu un déchet très important, tant dans les passes que dans les choix en fin d’action, où il a semblé encore se compliquer la vie.

En revanche, le duo de latéraux Pavard-Hernandez a fait passer les titulaires (jusqu’à ce soir ?) Mendy-Sidibé pour des seconds choix. Les deux ont provoqué, débordé, combiné sur les côtés avec autrement d’efficacité que leurs aînés.

La rentrée d’Ousmane Dembélé a amené de la vitesse là où il en manquait beaucoup, même si comme Mbappé il a manqué de lucidité dans le dernier geste. Mais il s’est procuré des occasions franches et aurait mérité de marquer le but de la victoire.

Enfin, Nabil Fekir a été intéressant en suppléant d’Antoine Griezmann, sans pour autant justifier le fait d’être aligné en même temps que le Madrilène.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Hugo Lloris fait toujours peur avec son jeu au pied très aléatoire, et il a été battu deux fois sur des actions où il n’a certes pas été aidé par sa défense. La charnière centrale Umtiti-Varane n’a rassuré personne : elle a tangué fortement sur les deux meilleures occasions américaines, et s’est montrée d’une timidité excessive à la relance, se contentant de passes latérales à répétition, ou repassant par Lloris. Idem pour Sidibé et Mendy dont les prestations indigentes vont fragiliser leur statut dans les jours à venir.

Kanté a connu un déchet inhabituel et a été plusieurs fois en difficulté, mais moins que Matuidi, très décevant aussi bien offensivement que défensivement. Pogba a été volontaire mais encore une fois maladroit et en manque flagrant de confiance, notamment sur ses frappes. On retiendra quand même son bel extérieur piqué pour Giroud en première mi-temps qui aurait mérité mieux.

Devant, Olivier Giroud a été sevré de ballons et bien pris par la défense américaine qui ne l’a pas lâché. Son entente avec Mbappé est loin d’être évidente. Lui aussi avait plus à perdre qu’à gagner à Lyon.

Enfin, Antoine Griezmann a beaucoup bougé et beaucoup touché de ballons sans en faire bon usage, avec des passes manquées inhabituelles chez lui et des tirs hors cadre. Il va devoir élever son niveau de jeu.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Etait-ce le match de trop ? On peut le penser, tant le souci premier des Bleus était d’éviter la blessure, et tant ils semblaient émoussés par une semaine de préparation physique intensive. Du coup, loin de les mettre en confiance par une large victoire, la rencontre de Lyon va soulever beaucoup de questions jusqu’au 16 juin. Mais qu’on se souvienne du 1-1 contre le Paraguay en juin 2014, pas brillant lui non plus : ça n’avait pas empêché les Bleus de démarrer pied au plancher le Mondial brésilien contre le Honduras (3-0) et la Suisse (5-2). C’est tout le mal qu’on leur souhaite.

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