Coupe du monde 2018 : vers une finale Brésil-Italie ?

Publié le 6 juillet 2017

Après la victoire de l’Allemagne en Coupe des confédérations, on peut essayer d’imaginer quelles équipes joueront la finale de la Coupe du monde 2018 à la lumière des statistiques.

Contrairement à l’Euro qui n’est pas avare de surprises et d’imprévus (La Tchécoslovaquie en 1976, le Danemark en 1992, la Grèce en 2004 et le Portugal en 2016), la Coupe du monde est très conservatrice. En vingt éditions depuis 1930, elle n’a couronné que huit sélections et seulement quatre autres ont été finalistes. Autant dire qu’il y a des constantes lourdes et qu’elles peuvent nous aider à imaginer l’affiche de la finale 2018, voire même le vainqueur.

Le mauvais œil de la Coupe des Confédérations

L’Allemagne vainqueur de l’édition 2017 ne devrait pas être championne du monde, comme avant elle le Brésil (1997, 2005, 2009 et 2013), la France (2001) et l’Argentine (1992), pourtant tous trois inscrits dans le palmarès mondial. Le Danemark (1995) et la France (2003) ont gagné des Coupes des confédérations intermédiaires qui n’ont pas précédé de Coupe du monde.

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L’Italie et son cycle de douze ans

L’Italie devrait être finaliste : depuis 1970, les Italiens le sont tous les 12 ans avec une régularité d’horloge, et gagnent une fois sur deux : la Squadra Azzura a perdu en finale contre le Brésil en 1970 à Mexico (1-4) avant de l’emporter en 1982 à Madrid contre la RFA (3-1), puis de s’incliner en 1994 à Pasadena face au Brésil (0-0, tab) et de venir à bout des Bleus en 2006 à Berlin (1-1, tab). Si la série continue, l’Italie devrait jouer la finale de Moscou le 15 juillet 2018, et la perdra, avant de remporter celle de 2030.

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L’organisateur ne va pas loin

La Russie, dont le niveau de jeu au Mondial 2014 et à l’Euro 2016 ne s’est pas amélioré cette année (trois éliminations au premier tour) ne devrait pas aller au bout : seuls 6 des 21 pays organisateurs l’ont fait, une proportion tombée à un lors des 9 dernières éditions depuis 1982 (5 fois lors des 11 premières).

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Même les anciens champions du monde (Italie 1990, Allemagne 2006, Brésil 2014) n’ont pas fait mieux que demi-finaliste lors des éditions organisées chez eux.
Hormis la Corée du Sud en 2002 (demi), les autres n’ont jamais dépassé les quarts. Si les Etats-Unis en 1994 et le Japon en 2002 sont tombés en huitième, le plus mauvais parcours revient à l’Afrique du Sud, éliminée au premier tour en 2010 (un nul contre le Mexique, une défaite face à l’Uruguay et une victoire contre la France). La Russie semble bien partie pour en faire autant.

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La France est mal barrée

On est désolé de vous l’apprendre, mais selon les statistiques, la France tombera avant la finale. Les finalistes de l’Euro ne vont jamais en finale de la Coupe du monde suivante. Le meilleur résultat, obtenu par la Yougoslavie en 1962, l’URSS en 1966, le Portugal en 2006 et l’Allemagne en 2010, c’est une place en demi-finale. L’Allemagne et la Belgique ont été sorties au second tour en 1978 et 1982, l’Espagne et l’Allemagne en quart en 1986 et 1994. L’Italie s’est arrêtée dès les huitièmes en 2002, l’URSS et l’Italie dès le premier tour en 1990 et en 2014. Quant à la Yougoslavie, l’URSS et la République tchèque, elles ne se sont même pas qualifiées pour les phases finales 1970, 1974 et 1998.

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Un neuvième champion du monde ?

On l’a dit, la Coupe du monde est conservatrice. Il a fallu attendre la seizième édition pour connaître le septième champion du monde et la dix-neuvième pour voir arriver le huitième. Les trois derniers nouveaux vainqueurs sont l’Argentine (1978), la France (1998) et l’Espagne (2010). Sur ces trois, un seul avait déjà été finaliste (Argentine, en 1930). La France avait été demi-finaliste en 1958, 1982 et 1986, troisième en 1958 et 1986. L’Espagne n’avait jamais atteint les demi-finales (4e du tour final à 4 en 1950).

Si le nouveau vainqueur n’a jamais été finaliste, ça exclut les Pays-Bas, la Suède, la Hongrie et la République tchèque [1]

Il reste qui ? Le Portugal (champion d’Europe 2016) ou le Chili (vainqueur de la Copa America 2016) sont logiquement candidats. Respectivement troisièmes et deuxièmes de la Coupe des confédérations cette année, ils seront en tout cas bien placés pour profiter des défaillances des favoris.

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De plus, il es déjà arrivé deux fois qu’un champion d’Europe en titre remporte la Coupe du monde suivante : la RFA en 1974 et l’Espagne en 2010. En revanche, jamais un vainqueur de la Copa America n’a enchaîné avec un titre mondial ! Pourtant, la plus ancienne compétition internationale (créée en 1916) a connu pas moins de 45 éditions, avec 15 titres pour l’Uruguay, 14 pour l’Argentine et 8 pour le Brésil, qui totalisent aussi 9 Coupes du monde. Au mieux, le champion d’Amérique du Sud a atteint la finale mondiale, comme le Brésil en 1950 et en 1998 ou l’Argentine en 1930. Ce n’est pas bon signe pour le Chili, double vainqueur de la Copa America en 2015 et 2016.

Un ancien vainqueur ?

Le dernier à avoir conservé son titre est le Brésil en 1962 (avant, l’Italie en 1938), à une époque où la compétition se jouait à seize. Ce qui semble exclure l’Allemagne, qui de plus a systématiquement échoué quand elle était championne du monde en titre (demi-finaliste en 1958, éliminée au second tour en 1978 et en quart de finale en 1994).

L’Espagne peut-elle devenir vainqueur deux fois en trois éditions ? C’est arrivé plusieurs fois à différentes époques, comme le Brésil en 1994 et 2002, l’Argentine en 1978 et 1986, ou le Brésil à nouveau en 1962 et 1970. L’équipe de France n’est pas passée loin d’une telle performance, à une séance de tirs au but près en 2006 à Berlin.

Le Brésil a été sacré une seule fois en Europe (Suède, 1958), les autres fois sur le continent américain (Chili 1962, Mexique 1970 et Etats-Unis 1994) ou en Asie (Japon 2002). Autrement dit, l’édition 2022 au Qatar semble mieux configurée pour les Auriverde.

L’Argentine, finaliste en 2014, peut-elle remporter l’édition suivante ? C’est déjà arrivé deux fois : le Brésil en 2002 (victorieux de l’Allemagne quatre ans après sa défaite contre la France) et l’Allemagne en 1990 (championne du monde contre l’Argentine après avoir remporté la revanche de la finale précédente).

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L’Angleterre et l’Uruguay ont certes déjà été titrés, mais c’était il y a un demi-siècle pour la première et encore plus longtemps pour le second (1930 et 1950). Surtout, aucune des deux sélections n’a fait mieux qu’une demi-finale depuis : en 1990 pour l’Angleterre et en 2010 pour l’Uruguay. Même si les Sud-américains ont des individualités plus brillantes (Cavani, Suarez) que les Européens, voir la Celeste ou les Three Lions en finale mondiale serait une grosse surprise.

Les années en 8 favorables à l’Amérique du Sud

A l’exception de 1938 qui avait opposé la Hongrie à l’Italie, les Coupes du monde disputées les années en 8 voient toujours un sud-américain en finale : le Brésil en 1958 (vainqueur contre la Suède), l’Argentine en 1978 (titrée contre les Pays-Bas), le Brésil en 1998 (battu par la France). Si l’alternance est respectée, l’Argentine pourrait se retrouver à Moscou le 15 juillet 2018.

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En guise de conclusion : Brésil, Argentine ou Italie en finale

Compte tenu de ce qui a été dit, et sans oublier que les statistiques ne prédisent jamais l’avenir mais aident seulement à décrypter le passé, l’Italie, le Brésil et l’Argentine ont la faveur des pronostics. Comme il n’y aura que deux places en finale, on pourrait avoir deux configurations inédites, un Brésil-Argentine ou un Argentine-Italie.

C’est pourtant la finale Brésil-Italie qui semble la plus probable. D’abord parce que les Auriverde, déjà qualifiés pour la Russie, sont nettement supérieurs à l’équipe de pacotille de 2014, ensuite parce qu’une quatrième finale consécutive perdue par Léo Messi avec l’Argentine entraînerait une surenchère dans les tatouages et les décolorations, enfin parce que ce serait la troisième confrontation à ce niveau entre deux géants qui cumulent neuf victoires et quatorze finales (sur vingt éditions). On vous rappelle juste les dates des deux premières : 1970 à Mexico, 1994 à Pasadena. Soit vingt-quatre ans d’intervalle, comme entre 1994 et 2018. CQFD.

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[1en admettant qu’elle succède à la Tchécoslovaquie, finaliste en 1934 et 1962.

A paraître le 25 octobre

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