France-Allemagne (2-1) : et toujours en été

Publié le 17 octobre 2018

Violemment secoués pendant trois quarts d’heure par une équipe allemande en mode turbo, les Bleus ont remis leur costume de champion du monde à la pause et ont fait basculer le match au mental.

Le résultat était-il prévisible ?

L’Allemagne perd rarement en compétition. Et encore plus rarement deux fois d’affilée. Autant dire que le 3-0 infligé par les Pays-Bas samedi n’était pas exactement une bonne nouvelle pour les Bleus. Leur manque de maîtrise sur les trois derniers matchs (au cours desquels ils n’ont mené au score que 68 minutes contre les Pays-Bas) laissait présager un match très serré, voire un troisième nul depuis l’été.

A la mi-temps, l’affaire était à ce point mal barrée que le 0-1 ressemblait à un coup de chance, et qu’il fallait avoir foi en ces Bleus-là pour les imaginer vainqueurs. Mais c’est une équipe qui sait renverser le score, la table et les vents contraires alors même que l’Allemagne était rattrapée par ses doutes et ses errements. C’est 2018 : il y a toujours un but contre son camp, un pénalty contestable, un doublé d’attaquant ou une combinaison des trois pour sauver la mise. On ne s’en plaindra pas.

L’équipe est-elle en progrès ?

Le changement, ce n’est pas pour maintenant : comme lors des deux précédentes sorties en compétition, Didier Deschamps a reconduit l’équipe type championne du monde avec Kimpembe à la place de Umtiti. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au vu d’une première période à l’envers, ce n’était pas une bonne idée.

Même si le seul élément ajouté aux dix finalistes de Moscou était aussi celui qui passait le plus à travers, l’équipe était désorganisée avec des joueurs toujours en retard, battus dans tous les duels et exposés aux quatre vents.

Ce qui s’est passé à la pause, on le saura peut-être dans les prochaines heures ou les prochains jours, en tout cas la deuxième mi-temps n’avait plus rien à voir avec la première, et les déferlantes bleues sur le but de Neuer ont eu raison de la digue. Deschamps a eu raison de garder ses titulaires quasiment jusqu’au bout, même s’il faut espérer un peu de concurrence pour les prochains mois.

Quels sont les joueurs en vue ?

Sans doute déçu par sa prestation pâlichonne contre l’Islande, Antoine Griezmann a décidé de taper fort, histoire de marquer les esprits des jurés du Ballon d’or. Ceux-ci n’ont guère été impressionnés dans un premier temps, mais le doublé de l’attaquant de l’Atlético en moins de vingt minutes (le deuxième contre l’Allemagne, quand même) pourrait les faire réfléchir.

Derrière, Raphaël Varane a tenu la défense, et il valait mieux ; compte tenu des défaillances collatérales. Lucas Hernandez a été en difficulté en première période, mais il a brillé par la suite, et son centre tendu pour Griezmann a été remarquable.

Devant, Kylian Mbappé a semblé vouloir y aller tout seul, en plaçant des accélérations fulgurantes qui ont fait passer les défenseurs allemands pour des grabataires, et qui aurait pu valoir un pénalty sur la faute de Hummels à la 26e. Son match est paradoxal, avec beaucoup de ballons perdus et de choix contestables, mais une menace permanente sur la défense allemande.

Olivier Giroud n’a pas marqué, mais il a certainement fait son meilleur match depuis la Coupe du monde, et peut-être même de 2018. Il a touché des ballons, a été inspiré dans ses déviations et son jeu dos au but et a plutôt bien combiné avec Mbappé, ce qui est nouveau.

Quels sont les joueurs en retrait ?

C’est le deuxième match consécutif manqué par Kimpembe, et ça commence à poser question. Kurt Zouma ou Mamadou Sakho n’auraient certainement pas fait pire, et en novembre, si Umtiti n’est pas revenu, il risque d’y avoir débat.

Benjamin Pavard a été en perdition en première mi-temps, Sané et Schulz bénéficiant de grands espaces côté droit de la défense française. Mais il est bien revenu après la pause, et a sorti quantité de ballons en fin de match.

Paul Pogba n’y était pas, ce qui est embêtant face à un adversaire de ce calibre. Son ballon perdu à la 13e plein axe amène l’action du pénalty de Kroos, et il n’a pas pesé au milieu, pas aidé il est vrai par un Kanté des mauvais jours. Les deux ont heureusement mieux fini, mais il est rarissime de les voir à ce point secoués.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Le 16 novembre à Rotterdam, les Français ne feront pas le voyage pour rien : la première place du groupe sera en jeu, et les Néerlandais requinqués par leur belle victoire d’octobre accrocheraient volontiers le scalp des champions du monde à leur ceinture, surtout après avoir perdu leurs cinq dernières confrontations.

Autant dire qu’il sera préférable d’éviter un trou d’air comme contre l’Allemagne. Un nul suffira aux Bleus pour assurer leur première place, qui semble quand même dans leurs cordes. Mais la bataille s’annonce chaude.

pour finir...

Merci à Hugo Colombari qui a trouvé le titre de l’article.

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