France-Islande (2-2) : revenus de nulle part

Publié le 12 octobre 2018

Très brouillons et mis en difficulté par une équipe islandaise valeureuse, les Bleus s’en sont remis à leur super-héros favori pour se tirer d’affaire. Certains ont quand même perdu gros à Guingamp.

Le résultat était-il prévisible ?

A la fin de l’été 1998, l’équipe de France toute nouvelle championne du monde avait souffert en amical contre l’Autriche à Vienne (2-2, après avoir été menée 1-2 à 7 minutes de la fin). Mais c’était en août, pas à la mi-octobre.

On pouvait donc raisonnablement penser que ces Islandais-là, qui avaient fait bonne figure contre l’Argentine et la Croatie à la Coupe du monde, allaient souffrir après un mois de septembre terrible (0-9 en deux matchs de Ligue des Nations). Eh bien pas du tout. Ils s’offraient même les meilleures occasions en première mi-temps, et s’ils menaient 2-0 à l’heure de jeu, ce n’était certainement pas volé. L’équipe de France avait très largement la possession mais ne savait qu’en faire, et quand les cinq dernières minutes arrivèrent, on se disait que la première défaite de l’histoire contre l’Islande était là.

Voilà comment ce 2-2 aurait presque des allures de victoire. Ça en est loin, évidemment, mais parfois un nul arraché avec les dents dans la toute fin d’une partie où tout est allé de travers peut être une bonne chose.

L’équipe est-elle en progrès ?

Avec une animation offensive asthmatique, un manque flagrant de liant dans la construction et une finition plus qu’aléatoire, l’équipe de France A’ n’a certainement pas donné de regrets à Didier Deschamps. Umtiti, Hernandez, Kanté et Mbappé ont cruellement fait défaut pendant la première heure de jeu, et c’est l’entrée du jeune attaquant parisien qui a fait la différence, autant dire que les habituels remplaçants que sont Thauvin et Dembélé ne l’avaient pas faite avant.

On se gardera quand même de tirer des conclusions définitives d’un match sans enjeu joué sans grande conviction, mais il n’est pas neutre de constater qu’en trois matchs post-Coupe du monde, les Bleus n’ont jamais vraiment maîtrisé leur sujet, contre trois adversaires pourtant bien différents. Autant dire que rien n’est facile pour un champion du monde en titre, du moins tant que le retour sur terre ne sera pas complètement advenu.

Quels sont les joueurs en vue ?

Aucun des titulaires à Guingamp n’est à créditer d’un match à la hauteur d’une équipe championne du monde. Il faut donc chercher dans les entrants, comme Kurt Zouma, dont le volontarisme et le souci d’aller de l’avant a tranché avec le reste de la défense. Même avec le retour de Samuel Umtiti, qui n’a aucun souci à se faire, il reste une quatrième place à prendre, et l’ex-stéphanois a sans doute marqué des points.

Kylian Mbappé a commencé par s’emmêler un peu les crayons en voulant trop en faire dans une défense bien encombrée, mais il a porté le danger sans se décourager et ça a fini par payer : si son but a été logiquement refusé pour hors-jeu sur une somptueuse ouverture de Ndombele (lui aussi crédité d’une entrée intéressante), il a ensuite ouvert une brèche avec le but d’Eyjolfsson contre son camp et n’a pas hésité au moment de transformer son premier pénalty en sélection.

Enfin, s’il encaisse deux buts, Hugo Lloris a été très sollicité en première période, avec notamment un triple arrêt de hand à bout portant à la 38e qui maintient les Bleus dans le match. Un peu court sur le but de Bjarnason, il ne peut rien sur la tête d’Arnason sous la barre.

Quels sont les joueurs en retrait ?

La première mi-temps complètement ratée de Florian Thauvin a été un peu rattrapée par son premier quart d’heure de la deuxième période, avec notamment une frappe superbe frôlant la lucarne opposée. Paul Pogba est passé à travers de son match, comme Antoine Griezmann, même si sa tête de la 55e minute aurait pu permettre l’égalisation française.

On attend plus de Steven Nzonzi, autre chose en tout cas que ses passes à la Makelele à cinq mètres avec une prise de risques nulle. Pourtant, quand il ose, le milieu de la Roma peut vraiment apporter quelque chose, comme sur son tir tendu de la 44e.

Presnel Kimpembe, resté au sol près du corner sur le premier but islandais, a été dépassé sur le second et n’a pas fait grand chose de bon le reste du temps. Enfin, Olivier Giroud ne fera pas taire ses détracteurs et Ousmane Dembélé a régalé de ses crochets, mais ils n’ont pas servi à grand chose, et ses frappes ont manqué de précision.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Il n’aura lieu que dans cinq jours (mardi à Saint-Denis) contre l’Allemagne, qui aura affronté les Pays-Bas à l’extérieur samedi soir (20h45). Ce sera la troisième des quatre rencontres de Ligue des Nations, et elle pourrait bien être décisive, surtout si la Mannschaft n’a pas gagné chez les Néerlandais. Dans ce cas, une victoire française serait quasiment synonyme de première place, un nul à Rotterdam en novembre n’étant même pas nécessaire.

On verra surtout si l’équipe principale, probablement très proche de celle de la finale de Moscou (hormis Umtiti et peut-être Matuidi), confirme sa première place mondiale actuelle. Un nul ne serait pas catastrophique d’un point de vue comptable, mais concrétiserait un resserrement de l’écart entre les deux derniers champions du monde.

A paraître le 14 novembre

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