France-République d’Irlande (2-0) : un rinçage pour les coiffeurs

Publié le 29 mai 2018, mis à jour le 1er juin 2018

Sous des trombes d’eau qui ont dû rappeler le pays aux visiteurs, les Bleus avec la moitié d’une équipe bis se sont facilement imposés grâce à une emprise totale. Ce sera moins facile vendredi.

Le résultat était-il prévisible ?

Cette équipe irlandaise-là, en pleine reconstruction après la déroute subie en barrages contre le Danemark (1-5 à Dublin) était bien trop faible et timorée pour faire autre chose que de la figuration. Si la victoire n’est évidemment pas une surprise, le 2-0 final fait un peu court au vu de la domination sans partage mal concrétisée au tableau d’affichage. Mais l’important n’est pas là pour un match amical, encore moins lorsque c’est le premier d’une phase de préparation.

L’équipe est-elle en progrès ?

Difficile à dire, contre un adversaire qui n’a quasiment jamais eu le ballon et qui a joué à dix dans son camp. Mais c’est une configuration qui pourrait ressembler à celle proposée par l’Australie à Kazan, donc autant s’y préparer. De ce point de vue, la première demi-heure a été décevante, avec un jeu excessivement latéral qui ne permettait pas de gagner du terrain, ou alors trop lentement et sans inquiéter un adversaire compact. Le manque d’automatisme derrière (Rami-Umtiti) et au milieu (Nzonzi-Tolisso-Matuidi) a été flagrant, et Nabil Kekir a mis du temps à trouver où se placer pour être utile dans le jeu.

Une fois ceci fait, le verrou irlandais a facilement sauté, avec le tir de Tolisso à la base du poteau de Doyle et les deux buts avant la mi-temps de Giroud (dans un style très britannique) et Fekir. Ce troisième quart d’heure du match est de loin le meilleur de la rencontre, qui est vite retombée dans l’apathie en deuxième période, guère aidée il est vrai par un terrain rendu injouable par les trombes d’eau tombées sur Saint-Denis.

On en saura plus sur le niveau de jeu des Bleus lors du prochain match, celui-ci étant encore trop éloigné de l’équipe qui débutera la compétition le 16 juin.

Quels sont les joueurs en vue ?

On attendait avec impatience et un peu d’appréhension ce qu’allaient faire les deux latéraux Sidibé et Mendy, dont le niveau à la Coupe du monde sera sans doute l’une des clés d’un possible succès français. Didier Deschamps a été rassuré : le Monégasque a porté le danger côté droit, donnant même une balle de but à Mbappé d’entrée de jeu, et le Citizen a joué l’essentiel de son heure de jeu en position d’ailier gauche, laissant la possibilité à Nabil Ferkir de rentrer dans l’axe. Ce n’est pas encore le Mendy de la saison dernière, mais son match est très encourageant.

Au milieu, Corentin Tolisso a mis du temps avant de trouver les bons réglages mais une fois qu’il l’a fait, il a été intéressant et se pose en alternative sérieuse à Pogba à droite, ou à Matuidi si Pogba est installé à gauche.

Devant, Kylian Mbappé a fait le show, pas toujours a bon escient d’ailleurs, mais dans une rencontre peu spectaculaire, il est l’un des rares à avoir tenté des choses individuellement, avec Nabil Fekir qui a beaucoup gâché avant de trouver l’ouverture grâce à une prise de balle savonneuse de Doyle. L’association des deux a été intéressante, même si elle n’est pas amenée à survivre au retour de Griezmann.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Adil Rami n’a pas fait grand chose pour justifier un éventuel statut de titulaire, ce qui veut dire qu’on croisera les doigts pour qu’il n’arrive rien de grave à Raphaël Varane. La prestation de Blaise Matuidi, avec le brassard de capitaine, laisse aussi planer quelques doutes sur la nécessité d’en faire un titulaire en Russie.

Steven Nzonzi a encore une fois semblé timide en position de sentinelle, se contentant de couvrir la défense centrale (pourtant peu menacée) et de jouer la sécurité par des passes courtes sur les côtés ou vers l’arrière. Ce n’est pas le registre dans lequel il sera le plus utile, car N’Golo Kanté est bien meilleur pour ça.

Enfin, en l’absence d’Antoine Griezmann, Olivier Giroud a été peu cherché en première mi-temps, mais encore une fois, il a eu le mérite de ne pas se décourager et il s’est arraché sur son but. Sa complémentarité avec Fekir reste à démontrer.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Contre l’Italie le 1er juin à Nice, l’opposition devrait être beaucoup plus relevée. Même si les Italiens, pas qualifiés pour la Coupe du monde, pourraient être tentés de lever le pied à l’approche des vacances. Méfiance tout de même : le nouveau sélectionneur Roberto Mancini a rappelé Mario Balotelli, qui jouera à domicile à l’Allianz Riviera et qui cherchera sûrement à se montrer alors que s’ouvre la période des transferts.

Sans Raphaël Varane, Didier Deschamps alignera sans doute au coup d’envoi une équipe proche de celle qui débutera le Mondial russe. Il pourrait aussi tester d’autres associations en deuxième mi-temps, en faisant jouer Lemar ou Thauvin qui ne sont pas entrés en jeu contre l’Irlande.

A paraître le 14 novembre

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