Les 10 premiers matchs des 10 derniers champions du monde

Publié le 31 août 2019 - Bruno Colombari

Avec six victoires pour deux nuls et deux défaites, le bilan des Bleus après Moscou est correct, sans plus. Qu’ont fait les précédents champions du monde, depuis 1982, lors des dix matchs qui ont suivi leur titre ?

En novembre 2018, suite à la défaite de l’équipe de France à Rotterdam contre les Pays-Bas, j’avais cherché au bout de combien de temps les vingt précédents champions du monde avait perdu leur premier match suivant le titre [1].

Maintenant, regardons ce qu’on fait les dix derniers champions du monde, depuis 1982 et le passage à un tournoi élargi (24 équipes au lieu de 16 jusqu’en 1978, puis 32 à partir de 1998), lors des dix matchs qui ont suivi la finale mondiale. Aujourd’hui, ce laps de temps correspond à un peu moins d’une année. Soit la saison entière suivant la Coupe du monde, à un ou deux matchs près.

L’idée est de comparer le bilan des Bleus de septembre 2018 à juin 2019 (en retirant le match à Andorre, qui est le onzième) à celui de l’Allemagne en 2015 et 1991, de l’Espagne en 2011, du Brésil en 2003 et en 1995, de l’Italie en 2007 et en 1983, de la France en 1999 et de l’Argentine en 1988, puisqu’il a fallu pas moins de deux ans aux coéquipiers de Maradona pour boucler leurs dix matchs d’après le Mexique.

Comme toutes les rencontres n’ont pas la même importance, et qu’on ne peut mettre sur un même plan un amical contre la Bolivie à un match de compétition face à l’Allemagne, j’ai appliqué le barême de points suivant :
+2 points pour une victoire en compétition
+1 point pour une victoire en amical
0 point pour un nul (amical ou compétition)
-1 point pour une défaite en amical
-2 points pour une défaite en compétition

Autrement dit, le nombre maximum de points possible est de 20 (dix victoires en compétition). Et une équipe qui aurait perdu autant de matchs qu’elle en aurait gagné (à niveau égal) serait à 0.

Italie 1982 : l’explosion de l’étoile noire

Le bilan de la Squadra Azzura de Bearzot est calamiteux. Deux malheureuses victoires contre Chypre et la Grèce (en amical) à domicile et cinq défaites dont quatre en compétition qui éjectent les Italiens de la course à l’Euro 1984 (quatrième derrière la Suède, la Tchécoslovaquie et la Roumanie, qualifiée). Pire : en six matchs à domicile, l’Italie n’en gagne que deux, pour deux nuls et deux défaites dont une cuisante contre la Suède (0-2). Son nul à l’extérieur contre Chypre (1-1) en février 1983 lui avait fait toucher le fond, comme le feront les Bleus cinq ans et demi plus tard. Que le sélectionneur italien ait sauvé sa tête après un tel naufrage est un miracle.

*Suisse 0-1 (amical)
*Tchécoslovaquie 2-2 (qEuro)
*Roumanie 0-0 (qEuro)
Chypre 1-1 (qEuro)
Roumanie 0-1 (qEuro)
Suède 0-2 (qEuro)
*Grèce 3-0 (amical)
*Suède 0-3 (qEuro)
Tchécoslovaquie 0-2 (qEuro)
*Chypre 3-1 (qEuro)

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Argentine 1986 : portes ouvertes à la maison

Si le bilan de l’Italie n’est pas brillant, celui de l’Argentine est encore pire, avec six défaites dont trois à domicile, les deux dernières lors de la Copa America disputée à la maison face à l’Uruguay et la Colombie. Une seule victoire en compétition, contre l’Equateur, et une autre de prestige en amical face à la RFA (1-0). Pour le reste, c’est de la bouillie, à peine sauvé du désastre par le plus grand nombre d’amicaux (6) que de matchs de compétition (4). Carlos Bilardo se maintiendra au poste de sélectionneur jusqu’après la Coupe du monde du monde 1990 où l’Argentine atteindra à nouveau la finale.

Italie 1-3 (amical)
*Paraguay 0-1 (amical)
*Pérou 1-1 (Copa América)
*Equateur 3-0 (Copa América)
*Uruguay 0-1 (Copa América)
*Colombie 1-2 (Copa América)
*RFA 1-0 (amical)
URSS 2-4 (amical)
RFA 0-1 (amical)
Arabie Saoudite 2-2 (amical)

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Allemagne 1990 : par dessus le mur

Si c’est la RFA de Franz Beckenbauer qui a gagné le Mondiale italien, l’Allemagne réunifiée trois mois après n’est pas là pour plaisanter. Elle ne laisse qu’un nul au Portugal en amical et ne perd qu’une fois contre le Pays de Galles. Le reste, c’est huit victoires dont deux, déterminantes, contre la Belgique. La Mannschaft ira en Suède en 1992 et s’y fera surprendre en finale par le Danemark (0-2). Comme quoi…

Portugal 1-1 (amical)
Suède 3-1 (amical)
Luxembourg 3-2 (qEuro)
*Suisse 4-0 (amical)
*URSS 2-1 (amical)
*Belgique 1-0 (qEuro)
Galles 0-1 (qEuro)
Angleterre 1-0 (amical)
*Galles 4-1 (qEuro)
Belgique 1-0 (qEuro)

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Brésil 1994 : blindé derrière

Même avec une attaque pas très impressionnante, ce Brésil-là ne laisse quasiment rien à ses adversaires. Seul le Honduras l’accroche en amical à domicile. Pour le reste, les Auriverde déroulent tranquillement, ne prennent presque pas de buts (4 en 10 matchs) et se paient le scalp des Anglais à Wembley en juin 1995. Les hommes de Zagallo atteindront la finale de la Copa América 1995 mais s’inclineront en finale contre l’Uruguay, aux tirs au but.

*Yougoslavie 2-0 (amical)
*Slovaquie 5-0 (amical)
*Honduras 1-1 (amical)
Israël 2-1 (amical)
Suède 1-0 (amical)
Japon 3-0 (amical)
Angleterre 3-1 (amical)
*Pologne 2-1 (amical)
Equateur 1-0 (Copa América)
Pérou 2-0 (Copa América)

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France 1998 : un peu Andorre mis

Bilan correct sans plus pour les Bleus qui ne perdent qu’une fois, mais à domicile et en compétition contre la Russie, et qui perdent des points contre l’Islande et l’Ukraine. Ils remportent deux victoires de prestige, à Moscou contre la Russie et à Wembley face à l’Angleterre en amical, la première de leur histoire. Mais ils souffrent inexplicablement contre Andorre, à qui ils ne marquent que trois buts… en trois heures.

Autriche 2-2 (amical)
Islande 1-1 (qEuro)
Russie 3-2 (qEuro)
*Andorre 2-0 (qEuro)
*Maroc 1-0 (amical)
Angleterre 2-0 (amical)
*Ukraine 0-0 (qEuro)
*Arménie 2-0 (qEuro)
*Russie 2-3 (qEuro)
Andorre 1-0 (qEuro)

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Brésil 2002 : en mode touriste

Ce Brésil-là se fiche complètement de l’après-Japon. Il use trois sélectionneurs en dix matchs (Scolari, Zagallo, Carlos Alberto Parreira), perd plus souvent qu’il ne gagne et traverse la Coupe des confédérations en France en touriste malgré Dida, Lucio, Juan, Ronaldinho ou Adriano. Il s’offre même un 0-0 en Chine en mars 2003 qui fait désordre. Mais il gagnera la Copa América en 2004 avec Carlos Alberto Parreira, encore de retour.

*Paraguay 0-1 (amical)
Corée du Sud 3-2 (amical)
Chine 0-0 (amical)
Portugal 1-2 (amical)
Mexique 0-0 (amical)
Nigéria 3-0 (amical)
Cameroun 0-1 (Confédérations)
Etats-Unis 1-0 (Confédérations)
Turquie 2-2 (Confédérations)
Mexique 0-1 (Concacaf)

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Italie 2006 : chi va piano...

C’est largement mieux que le bilan de 82-83. Cette fois, la Squadra a retenu la leçon, malgré un démarrage poussif (un nul, deux défaites, la deuxième au Stade de France contre des Bleus revanchards). Hormis deux couacs en amical, les Italiens assurent en qualification de l’Euro avec cinq victoires de rang, et y retrouveront la France au premier tour.

*Croatie 0-2 (amical)
*Lituanie 1-1 (qEuro)
France 1-3 (qEuro)
*Ukraine 2-0 (qEuro)
Géorgie 3-1 (qEuro)
*Turquie 1-1 (amical)
*Ecosse 2-0 (qEuro)
Féroé 2-1 (qEuro)
Lituanie 2-0 (qEuro)
Hongrie 1-3 (amical)

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Espagne 2010 : un sans faute en compétition

Bilan très propre pour l’Espagne de Del Bosque, hormis deux claques en amical administrées par l’Argentine et le Portugal avec à chaque fois quatre buts encaissés. Pour le reste, c’est cinq matchs en compétition et autant de victoires. La Roja ira en Ukraine en 2012, éliminera la France en quart et corrigera l’Italie en finale (4-0).

Mexique 1-1 (amical)
Liechtenstein 4-0 (qEuro)
Argentine 1-4 (amical)
*Lituanie 3-1 (qEuro)
Ecosse 3-2 (qEuro)
Portugal 0-4 (amical)
*Colombie 1-0 (amical)
*République tchèque 2-1 (qEuro)
Lituanie 3-1 (qEuro)
Etats-Unis 4-0 (amical)

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Allemagne 2014 : le poids d’un quatre étoiles

La Mannschaft a patiné sec après son titre au Brésil : deux défaites à domicile contre l’Argentine, revanche de la finale mondiale, et en Pologne en compétition, ce qui ne lui arrive pas souvent. Le nul contre l’Irlande et la courte victoire contre l’Ecosse, également à domicile, n’étaient guère plus rassurants. Et puis la machine s’est remise en marche, avec quatre victoires et des amicaux pris à la légère contre l’Australie et les Etats-Unis.

*Argentine 2-4 (amical)
*Ecosse 2-1 (qEuro)
Pologne 0-2 (qEuro)
*Irlande 1-1 (qEuro)
*Gibraltar 4-0 (qEuro)
Espagne 1-0 (amical)
*Australie 2-2 (amical)
Géorgie 2-0 (qEuro)
*Etats-Unis 1-2 (amical)
Gibraltar 7-0 (qEuro)

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France 2018 : le mal des transports

L’année des Bleus a été compliquée, comme on pouvait s’y attendre, avec un déplacement très difficile plutôt bien négocié en Allemagne, et deux autres complètement ratés aux Pays-Bas et en Turquie. Rien de grave d’un point de vue comptable, d’autant que ne figure pas dans la liste le onzième et dernier match de la saison en Andorre (4-0).

Allemagne 0-0 (Ligue des Nations)
*Pays-Bas 2-1 (Ligue des Nations)
*Islande 2-2 (amical)
*Allemagne 2-1 (Ligue des Nations)
Pays-Bas 0-2 (Ligue des Nations)
*Uruguay 1-0 (amical)
Moldavie 4-1 (qEuro)
*Islande 4-0 (qEuro)
*Bolivie 2-0 (amical)
Turquie 0-2 (qEuro)

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