Revanches finales

Publié le 20 octobre 2020 - Bruno Colombari

Les Bleus ont joué neuf finales mondiales, européennes, intercontinentales ou confédérales entre 1984 et 2018. La plupart de leurs revanches (premier match joué contre le même adversaire) sont tombées dans l’oubli, sauf une. Voici leur histoire.

L’équipe de France a disputé dans son histoire neuf finales : six majeures (les championnats d’Europe 1984, 2000 et 2016 et les Coupes du monde 1998, 2006 et 2018) et trois mineures (la Coupe intercontinentale 1985, les Coupes des confédérations 2001 et 2003).

Chacune de ses finales a eu une revanche, tôt ou tard. Parfois un simple match amical tombé dans l’oubli, d’autres fois une rencontre éliminatoire, ou un match de premier tour de phase finale mondiale. Et une fois, une seule, la revanche d’une finale était elle-même une autre finale (Italie 2006).

Terminées avec le match contre le Portugal en octobre 2020, ces revanches sont largement favorables aux Bleus puisqu’ils en ont gagné six, fait deux nuls et perdu la dernière aux tirs au but. Pas de chance, c’était la seule à ne surtout pas perdre. A noter aussi qu’aucune d’entre elle n’a eu lieu à l’extérieur : six à domicile (Espagne 1988, Japon 2003, Italie septembre 2006, Cameroun 2016, Croatie et Portugal 2020) et trois sur terrain neutre (Uruguay 2002, Brésil 2001 et Italie juillet 2006). Un peu comme les finales d’ailleurs, avec cinq à la maison (Espagne 1984, Uruguay 1985, Brésil 1998, Cameroun 2003, Portugal 2016), trois sur terrain neutre (Italie 2000, Italie 2006, Croatie 2018) et une seule à l’extérieur (Japon 2001).

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La revanche la plus tardive

Uruguay-France, 6 juin 2002. 16 ans et 10 mois après la finale de la Coupe intercontinentale d’août 1985 gagnée par les Bleus champions d’Europe renforcés par Ayache et Touré (2-0), la revanche de Busan est surtout un match décisif qui peut éliminer la France, tenante du titre, dès le deuxième match de la Coupe du monde asiatique. Ça commence très mal pour les Bleus avec la sortie sur blessure de Frank Lebœuf et l’expulsion à la 25e minute de Thierry Henry. Réduits à 10 et privés de Zidane, les hommes de Roger Lemerre sont sauvés par Barthez et arrachent un 0-0 minimaliste qui leur laisse une petite chance de qualification. Mais ni l’Uruguay ni la France ne verront les huitièmes de finale, sortis par le Sénégal et le Danemark.

La première revanche

France-Espagne, 23 mars 1988. Celle-là n’a pas remué les foules : il n’y a même pas 15 000 spectateurs au Parc Lescure de Bordeaux pour cet amical qui suit une année 1987 sinistre où les Bleus ont été éliminés de l’Euro 1988. Henri Michel aligne un nouveau, Jean-Philippe Durand au milieu, et une défense mixte où Le Roux et Amoros encadrent Sonor (une cape) et Sylvain Kastendeuch (trois). Tout se passe dans la première demi-heure : un pénalty de l’Espagnol Michel est repoussé par Bats à la 6e minute, mais Caldere a suivi et marque. Deux minutes plus tard, le Toulousain Gérald Passi égalise, et Luis Fernandez donne la victoire aux Bleus à la 26e d’une somptueuse bicyclette aux vingts mètres.


 

La revanche la plus cheap

France-Brésil, 7 juin 2001. 2 ans et 10 mois après l’historique 12 juillet et la consécration du football français, les Bleus retrouvent les Auriverde à Suwon, en Corée du Sud, en demi-finale de la Coupe des Confédérations. Si Roger Lemerre aligne 7 champions du monde dont 5 titulaires de 1998 (Lebœuf, Desailly Lizarazu, Karembeu, Vieira, Pirès et Djorkaeff), aucun des vice-champions du monde brésiliens n’est présent : c’est une équipe C qui est engagée, et logiquement battue (2-1) par les Bleus qui vont ensuite triompher du Japon en finale.

La revanche la plus rapide

France-Italie, 6 septembre 2006. 59 jours seulement après la finale de Berlin terminée dans les larmes (françaises) aux tirs au but, les Bleus retrouvent la Squadra Azzura (qui joue en blanc) au Stade de France en qualification pour l’Euro 2008. Zidane et Barthez ne sont plus là, mais c’est Sidney Govou qui sort le match de sa vie et bat Buffon deux fois pour une victoire au goût amer, qui arrive deux mois trop tard (3-1). Français et Italiens se qualifieront tous deux pour l’Euro après un 0-0 à Milan un an plus tard, et se retrouveront en Suisse, à Zürich, au premier tour. Une blessure de Ribéry et un carton rouge d’Abidal plus tard, l’Italie se qualifie et laisse la France sur le carreau (0-2).


 

La revanche la plus confédérale

France-Japon, 20 juin 2003. Deux ans après avoir conquis sa première Coupe des Confédérations à Yokohama contre le Japon, l’équipe de France le retrouve au premier tour de l’édition suivante, organisée dans l’hexagone. Encore une fois, les Bleus l’emportent d’une courte marge (2-1) grâce à Pirès et Govou au sein d’une équipe bis, mais suffisante pour assurer la qualification pour les demi-finales.

La revanche la plus prestigieuse

Italie-France, 9 juillet 2006. Six ans après l’extraordinaire victoire de Rotterdam en finale de l’Euro, Français et Italiens se retrouvent dans le seul match d’un niveau supérieur : la finale de la Coupe du monde. Autant dire que les Bleus sont confiants, et que les Italiens, qui n’ont plus battu leurs voisins depuis 1978, ont les crocs. Le match peut se résumer en trois coups de tête et trois transversales : égalisation de Materazzi, arrêt réflexe de Buffon devant Zidane et coup de boule de ce dernier sur Materazzi au rayon des têtes, panenka de Zidane en forme de coup de flipper, tête de Toni repoussé par la barre de Barthez, et tir au but de Trezeguet sous celle de Buffon côté transversales. Et victoire italienne au final.

La revanche la plus chromatique

France-Cameroun, 30 mai 2016. Treize ans après la Coupe des Confédérations 2003, les bleu-bleu-rouge de France reçoivent à Nantes les vert-rouge-jaune du Cameroun en préparation à l’Euro 2016, et on va en voir de toutes les couleurs : une volée du gauche de Matuidi à laquelle répond immédiatement une autre de Vincent Aboubakar, une volée du gauche de Giroud sur une ouverture parabolique de Pogba, une égalisation de Choupo-Moting (tiens !) et pour finir une victoire à l’arrachée signée Payet à la 90e.


 

La revanche la plus copier-coller

France-Croatie, 8 septembre 2018. C’est un scénario parfaitement invraisemblable : même score final que la finale de Moscou, 4-2 (pourtant rare, il n’y en a eu que 11 en 858 matchs), même score à la mi-temps, un but croate marqué contre son camp, un but français sur pénalty suite à une main dans la surface, le premier but croate marqué sur un enchaînement contrôle-frappe croisée du gauche dans la surface, nette domination croate en première mi-temps et finalement victoire tranquille française…


 

La revanche la plus tête à Toto

France-Portugal, 11 octobre 2020. Après dix victoires consécutives entre 1978 et 2015, les Bleus ont calé face au Portugal : le 10 juillet 2016, ils terminaient pour la première fois de leur histoire une finale sans marquer, et perdaient une prolongation pour la première fois depuis... 1960. Cinquante et un mois plus tard, dans un Stade de France presque vide, la revanche n’a pas eu lieu. Les défenses ont pris le pas sur les attaques, les deux gardiens n’ont rien laissé passer et le Portugal a obtenu le nul qu’il est venu chercher, le premier 0-0 entre les deux sélections.

A paraître le 12 novembre 2020



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