Albanie-France (1-0) : un nouvel impair, deux ans après

Publié le 13 juin 2015, mis à jour le 5 novembre 2017

Il faut mettre un embargo sur les mois de juin des années impaires. Deux ans après une tournée sud-américaine complètement ratée, les Bleus sont venus en touristes à Elbasan et sont repartis en maillot (0-1) contre une Albanie en progrès.

Le résultat était-il prévisible ?

Non. Après l’opération portes ouvertes contre les Belges, on attendait a minima une réaction d’orgueil des Bleus en Albanie, même si une large victoire semblait illusoire. Cette réaction, on l’attend toujours. Comme contre la Serbie en septembre 2014, l’équipe de France n’a jamais justifié son statut de quart-finaliste mondial face à un adversaire déterminé et discipliné. Une fois menés au score, les Bleus ont attendu le dernier quart d’heure pour accélérer un peu et se créer enfin quelques occasions. Mais c’était trop tard.

L’équipe est-elle en progrès ?

Après un résultat pareil, la question serait plutôt de savoir jusqu’à quel point l’équipe a fait marche arrière. Peut-être pas jusqu’au néant de la tournée sud-américaine de 2013, mais probablement au début de la même année, avec un enchaînement défaite contre l’Allemagne, victoire contre la Géorgie, défaite contre l’Espagne. Encore que dans ce cas, les échecs avaient eu lieu contre des adversaires autrement plus relevés que l’Albanie.

Une fois de plus, une fois de trop, les Bleus ont pêché par leur vulnérabilité sur coup de pied arrêté, encore que celui de Kace n’était pas de ceux qu’on arrête. Surtout, ils n’ont jamais été dangereux dans cet exercice, que ce soit sur corner ou sur trois coups francs très bien placés et gâchés par Fekir et Pogba. Seul Valbuena a trouvé le cadre, mais sans tromper le gardien.

On pestera aussi contre un jeu beaucoup trop frileux en première mi-temps avec des passes latérales ou en retrait systématiques (à la stéphanoise, pourrait-on dire) et une absence de mouvement qui facilitait le travail à un collectif albanais très appliqué dans le replacement.

Quels sont les joueurs en vue ?

Autant contre la Belgique les entrées de Fekir, Ntep et Payet avaient apporté quelque chose et dynamisé le jeu dans les dernières minutes, autant en Albanie personne ne sort du lot. Aucun des titulaires n’a justifié sa place, hormis sans doute Hugo Lloris qui a retardé l’échéance et ne s’est incliné que sur un coup-franc parfait. Les remplaçants n’ont pas suffisamment secoué le cocotier, hormis Paul-Georges Ntep qui est en train de marquer des points.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Il est plus que temps pour Raphaël Varane de partir en vacances. Le Madrilène a semblé perdu dès que le ballon arrivait sur lui, et il a fallu un très bon arrêt de Lloris pour que Lenjani n’ouvre le score à la demi-heure, Mamadou Sakho n’étant pas irréprochable non plus sur le coup. En septembre face à Ronaldo, mieux vaudra resserrer les boulons. A droite, Jallet et Lacazette n’ont pas combiné, alors qu’à gauche Evra et Griezmann, n’ont jamais débordé la défense adverse.

Au milieu, le trio Gonalons-Kondogbia-Payet a ralenti un jeu déjà anémique, alors que Paul Pogba, visiblement à court de forme (il ne s’est pas entraîné la veille), n’avait pas les jambes pour accélérer et porter le danger. Mathieu Valbuena s’est installé sur l’aile gauche où se trouvait déjà Ntep, ce qui n’a pas contribué à élargir le jeu.

Enfin, devant Olivier Giroud a conforté l’opinion de ceux qui lui préfèrent Benzema. Heureusement pour lui, Alexandre Lacazette n’a rien montré de bon, de même que Nabil Fekir qui a pourtant eu un ballon de contre à la 51e, mais il n’a pas réussi à éliminer Cana.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Le 4 septembre à Lisbonne, les Bleus retrouveront un adversaire portugais qui leur réussit bien depuis quarante ans (neuf victoires consécutives). On peut imaginer que la motivation des joueurs convoqués par Deschamps sera bien supérieure à celle de ce mois de juin face à un adversaire qui visera le dernier carré à l’Euro. Avec un Pogba en état de marche, le retour de Benzema et Debuchy et des cadres (Varane, Sakho, Matuidi, Valbuena et Griezmann) plus frais, on pourrait retrouver une équipe de France dans la continuité de celle de 2014. Si ce n’était pas le cas, la situation de Deschamps serait fragilisée à neuf mois de l’Euro.

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