En 1998 et 2018, quel est le poids des remplaçants ?

Publié le 6 août 2025 - Bruno Colombari - 2

Lors des deux titres mondiaux, l’équipe de France a évolué avec des bancs très différents, en terme d’âge et d’expérience. Celui de 1998 a mieux vieilli que celui de 2018.

3 minutes de lecture

Il semble plutôt évident, avec le recul, que les deux équipes-types alignées par Aimé Jacquet et Didier Deschamps lors des deux titres mondiaux de 1998 et 2018 regroupaient les meilleurs joueurs français du moment, hormis sans doute Stéphane Guivarc’h et éventuellement Christian Karembeu (mais Thierry Henry et Patrick Vieira étaient alors bien jeunes). En 2018, le seul absent notable sur la liste des 23 était Dimitri Payet, forfait sur blessure.

Embed from Getty Images

Les remplaçants de 1998 ont bien grandi

Qu’en est-il des remplaçants, à savoir les 11 (en 1998) ou les 12 (en 2018) qui ont moins joué ? L’impression, intuitivement, dira que les premiers étaient meilleurs que les seconds : ils ont d’ailleurs plus joué lors de la Coupe du monde. Alain Boghossian a participé à cinq matchs, Thierry Henry et David Trezeguet à six, même s’ils sont souvent entrés en cours de jeu. En 2018, Aréola et Rami n’ont pas joué, et six autres (Mandanda, Sidibé, Mendy, Kimpembe, Lemar et Thauvin) n’ont joué qu’une fois.

Des indicateurs intéressants pour évaluer la différence de niveaux entre ces deux générations de champions du monde, c’est la moyenne d’âge juste avant la compétition, et le nombre de sélections à ce moment là. Le nombre de sélections obtenues après est aussi un indicateur pertinent, mais biaisé, puisque la plupart des champions du monde 2018 sont encore en activité (16 sur 23), et donc leur total de capes peu encore bouger.

Les titulaires de 2018 plus jeunes que les remplaçants de 1998

Du côté des âges, l’écart entre les titulaires et les remplaçants est net en 1998 (deux ans et quatre mois en moyenne), alors qu’il est quasi nul en 2018 (moins d’un mois). Les champions du monde en Russie avaient même des titulaires plus jeunes que les remplaçants de 1998. Sous Jacquet, les hommes du banc comptaient parmi eux trois trentenaires (Lama, Charbonnier et Lebœuf) et trois joueurs de moins de 23 ans (Vieira, Henry et Trezeguet). Alors que Deschamps n’avait, dans ses titulaires, que deux trentenaires (Lloris et Giroud) et trois joueurs de moins de 23 ans (Pavard, Hernandez et Mbappé).

Embed from Getty Images

Si on compare maintenant le nombre de sélections moyen des titulaires avant le début du tournoi, surprise : l’équipe de 2018 est plus expérimentée que celle de 1998, bien qu’elle soit nettement plus jeune. En Russie, cinq titulaires avaient plus de 50 sélections (Lloris, Giroud, Matuidi, Griezmann et Pogba), dont un, Lloris, était quasi centenaire (98), pour quatre autres à moins de vingt capes (Hernandez 5, Pavard 6, Mbappé 15 et Umtiti 19). En France, il n’y avait que deux anciens : Deschamps (70 sélections) et Blanc (69), et deux autres à moins de vingt capes (Guivarc’h 7 et Barthez 13).

Après 2018, les remplaçants ne jouent presque plus

L’expérience des remplaçants avant les deux tournois mondiaux remportés est tout à fait comparable : 11,3 sélections en moyenne en 1998, 10,7 en 2018. L’énorme différence est visible quand on compare les sélections obtenues après le tournoi. Pour les titulaires, c’est le même ordre de grandeur (46,9 pour ceux de 1998, 40,2 pour ceux de 2018, mais ce chiffre va forcément évoluer). Pour les remplaçants, en revanche, l’écart est énorme : 40,9 pour ceux de 1998, contre seulement 11,1 pour ceux de 2018. Là aussi, il faut modérer ce dernier chiffre par le fait qu’il est évolutif mais des douze remplaçants en Russie, un seul est titulaire actuellement, Ousmane Dembélé. A lui seul, il ne fera évidemment pas remonter la moyenne de 30 points, c’est impossible.

Autrement dit, il y a bien une différence claire de niveau entre les remplaçants de 1998 et ceux de 2018 : parmi les premiers, trois d’entre eux joueront la finale de 2006 (Vieira, Henry et Trezeguet) dont deux finiront centenaires en sélection, et seulement trois ne rejoueront moins de dix fois (Lama 7, Charbonnier et Diomède 0). Ceux de 2018, hormis Dembélé (40 capes) et Kimpembe (25), ne feront que de la figuration après la Coupe du monde. Si seul Sidibé n’a pas rejoué depuis, Rami, Mendy, Thauvin, Aréola et Fekir ne l’ont fait que moins de dix fois. Mais s’il remporte le Ballon d’or en septembre 2025, Ousmane Dembélé sera l’(énorme) exception qui confirme la règle.

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Les gardiens des Bleus