Ce que l’équipe de France doit à l’AS Saint-Etienne

Publié le 3 mai 2020, mis à jour le 8 mai 2020 - Bruno Colombari

Avant les Bleus, il y a eu les Verts. Grande pourvoyeuse d’internationaux dans les années 60 et 70, très présente à la Coupe du monde 1982, l’AS Saint-Etienne a aussi fourni plusieurs sélectionneurs à la FFF.

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Créé en 1933, l’AS Saint-Etienne accède immédiatement au professionnalisme et rejoint la première division juste avant la guerre, à l’été 1938, après avoir recruté à prix d’or des internationaux français et étrangers. Après guerre, afin d’assainir une situation financière périlleuse, le club se structure et développe la formation des jeunes grâce à Pierre Guichard, Charles Paret, Jean Snella et Pierre Garonnaire. En 1957, les Verts décrochent leur premier titre de champion de France deux ans après la Coupe Charles-Drago. Ils perdent la finale de la Coupe de France de justesse face à Monaco en 1960.

Après une saison 1961-1962 paradoxale, marquée par l’éviction de l’entraîneur Henri Guérin, une relégation en deuxième division et une victoire en Coupe de France (contre Nancy) dont la finale est boycottée par les supporters. L’ASSE ne fait que passer à l’étage inférieur, remonte aussitôt alors que les jeunes remportent la Coupe Gambardella (1963). C’est le début d’une hégémonie sur le football français qui va durer près de vingt ans.

Entre 1964 et 1981, les Verts vont remporter neuf titres de champion de France (1964, 1967, 1968, 1969, 1970, 1974, 1975, 1976 et 1981) et cinq Coupes de France (1968, 1970, 1974, 1975 et 1977), dont quatre doublés. Surtout, ils sont dirigés par trois entraîneurs de très haut niveau, dont deux ont évolué dans le staff de l’équipe de France et le troisième a fait une belle carrière d’international : Jean Snella (jusqu’en 1967), Albert Batteux (de 1967 à 1972), puis Robert Herbin (de 1972 à 1983).

L'AS Saint-Etienne en 1968.
L’AS Saint-Etienne en 1968.
Debout de gauche à droite (les internationaux sont signalés par une *) : Mitoraj*, Jacquet*, Carnus*, Bosquier*, Polny, Durkovic. Accroupis : Fefeu, Larqué*, Revelli*, Keita, Bereta* (manque Herbin).

Côté joueurs, alors que jusqu’en 1956 seuls sept internationaux avaient été appelés alors qu’ils évoluaient à Saint-Etienne (le principal étant Antoine Cuissard, 20 capes entre 1946 et 1951), ils sont quatorze à jouer simultanément pour les Verts et pour les Bleus dans les années 60, de Robert Herbin à (1960) à Jean-Michel Larqué (1969), puis seize dans les années 70, de Francis Camérini (1971) à Michel Platini (1979). Soit trente joueurs en moins de vingt ans, sur 140 nouveaux Bleus appelés sur cette même période. La source se tarit brutalement avec le déclin du club à partir de 1982 et l’affaire de la caisse noire : sept joueurs dans les années 80, trois dans les années 90 et seulement cinq depuis l’an 2000, le dernier étant le gardien Stéphane Ruffier.

Et si, dans la période récente, Blaise Matuidi et Dimitri Payet ont fait leurs débuts internationaux sous le maillot stéphanois, ils n’y ont pas été formés. Les derniers dans ce cas sont Bafétimbi Gomis et Josuha Guilavogui, arrivés au club à l’âge de quinze ans.

La grande vague stéphanoise en sélection a donc précédé la première période faste du football français. Les Verts sont pour autant présents en nombre lors de la Coupe du monde 1982, avec le gardien Jean Castaneda, les défenseurs Gérard Janvion, Christian Lopez et Patrick Battiston et les milieux Jean-François Larios et Michel Platini. Bernard Genghini va signer juste après, de même que Philippe Mahut (tous deux à l’été 1982), alors que Bernard Lacombe et Dominique Rocheteau, respectivement à Bordeaux et à Paris, ont joué au club précédemment. Soir 10 Stéphanois actuels, passés ou à venir sur 22 !

L'équipe de France à la Coupe du monde 1982
L’équipe de France à la Coupe du monde 1982
Dix ex (*), actuels (**) ou futurs (***) Stéphanois dans la liste des 22 : Troisième rang, de gauche à droite : Battiston**, Bossis, Girard, Castaneda**, Baratelli, Ettori, Amoros, Janvion**, Mahut*** et Lopez**. Deuxième rang : Larios**, Genghini***, Trésor, Platini**, Tigana, Giresse et Hidalgo.Premier rang : Rocheteau*, Couriol, Bellone, Lacombe*, Six et Soler.

Deux ans plus tard, lors de l’Euro 1984, c’est terminé : plus aucun Stéphanois en activité n’est présent en sélection, alors que le club est relégué en D2 pour la deuxième fois de son histoire. Michel Platini salue toutefois Geoffroy-Guichard en signant un extraordinaire triplé contre la Yougoslavie, le 19 juin. Bernard Genghini, Patrick Battiston, Bernard Lacombe et Dominique Rocheteau sont toujours là mais ont quitté le club depuis plus ou moins longtemps.

La génération dorée 1998-2006 est aussi éloignée que possible de Saint-Etienne : parmi les champions du monde et d’Europe, le seul à avoir connu le club est Laurent Blanc, qui y a passé deux saisons entre 1993 et 1995, pendant lesquelles il a été sélectionné 15 fois. Mais Saint-Etienne y place quand même un autre représentant, le sélectionneur Aimé Jacquet, qui a fait l’essentiel de sa carrière de joueur au club (230 matchs joués entre 1960 et 1973).

Enfin, sur les 23 champions du monde 2018, un seul a porté les couleurs stéphanoises : le milieu de terrain Blaise Matuidi entre 2007 et 2011, période pendant laquelle il a joué trois fois en équipe de France.

Tableau des internationaux stéphanois

Classement décroissant en fonction du nombre de sélections en tant que joueur stéphanois. L’astérisque indique que le joueur a connu sa première sélection ailleurs qu’à Saint-Etienne.

joueursel.
ASSE
total
sel.
% sel.
ASSE
GNPdébut
ASSE
fin
ASSE
Georges Bereta 41 44 93% 16 9 16 23/12/1967 16/11/1974
Gérard Janvion 40 40 100% 19 8 13 12/10/1975 06/10/1982
Christian Lopez 39 39 100% 22 5 12 26/03/1975 10/07/1982
Bernard Bosquier * 26 42 62% 10 6 10 28/09/1966 24/04/1971
René Ferrier 24 24 100% 9 6 9 03/12/1958 02/12/1964
Robert Herbin 23 23 100% 6 7 10 06/07/1960 17/10/1968
Michel Platini * 20 72 28% 9 3 8 05/09/1979 08/07/1982
Antoine Cuissard 20 27 74% 8 2 10 07/04/1946 03/06/1951
Georges Carnus * 18 36 50% 7 4 7 25/09/1968 24/04/1971
Hervé Revelli 18 30 60% 8 5 5 28/09/1966 26/03/1975
Jean-François Larios 17 17 100% 7 0 10 07/10/1978 10/07/1982
Dominique Rocheteau 16 49 33% 10 3 3 03/09/1975 05/09/1979
Laurent Blanc * 15 97 15% 7 6 2 28/07/1993 26/04/1995
Jean-Michel Larqué 14 14 100% 6 4 4 10/09/1969 01/09/1976
Patrick Battiston * 12 56 21% 7 3 2 11/10/1980 31/05/1983
Dominique Bathenay 12 20 60% 5 5 2 12/10/1975 19/05/1978
René Alpsteg 12 12 100% 6 2 4 26/05/1947 20/04/1952
Guy Huguet 12 12 100% 5 2 5 23/05/1948 26/03/1952
Jacques Zimako 11 13 85% 6 2 3 26/06/1977 29/04/1981
José Broissart 9 10 90% 4 1 4 10/09/1969 26/05/1973
Claude Abbes 9 9 100% 3 4 2 27/10/1957 03/12/1958
Jean Castaneda 9 9 100% 4 0 5 18/02/1981 06/10/1982
Pierre Bernard * 7 21 33% 1 1 5 29/09/1963 24/03/1965
Jacques Foix 7 7 100% 3 3 1 17/12/1953 25/03/1956
Philippe Mahut * 6 9 67% 2 1 3 02/06/1982 23/03/1983
Roland Guillas * 5 9 56% 1 1 3 25/09/1960 11/04/1962
Alain Merchadier 5 5 100% 3 1 1 21/11/1973 26/03/1975
Patrick Revelli 5 5 100% 5 0 0 21/11/1973 23/02/1977
Christian Synaeghel 5 5 100% 2 2 1 16/11/1974 30/03/1977
Bernard Lacombe * 4 38 11% 2 0 2 02/06/1978 02/05/1979
Bernard Genghini * 4 27 15% 2 1 1 31/08/1982 31/05/1983
Bafétimbi Gomis 4 12 33% 1 2 1 27/05/2008 13/06/2008
Rachid Mekhloufi 4 4 100% 3 1 0 21/10/1956 25/12/1957
Pierre Repellini 4 4 100% 2 0 2 08/09/1973 18/05/1974
Christian Sarramagna 4 4 100% 2 0 2 08/09/1973 22/05/1976
Blaise Matuidi 3 84 4% 2 1 0 07/09/2010 06/06/2011
Dimitri Payet 3 38 8% 3 0 0 09/10/2010 17/11/2010
André Guy 3 8 38% 2 0 1 04/10/1964 02/12/1964
Josuha Guilavogui 3 7 43% 0 1 2 05/06/2013 14/08/2013
Ferenc « Ferry » Koczur 3 3 100% 1 1 1 22/05/1952 25/12/1952
Richard Tylinski 3 3 100% 0 1 2 27/11/1957 12/10/1960
Georges Peyroche 3 3 100% 1 0 2 16/03/1960 12/11/1961
Roland Mitoraj 3 3 100% 1 1 1 17/09/1967 17/10/1968
René Llense * 2 11 18% 1 0 1 04/12/1938 22/01/1939
Jacques Faivre 2 2 100% 1 0 1 28/09/1961 18/10/1961
Aimé Jacquet 2 2 100% 0 1 1 25/09/1968 17/10/1968
Laurent Roussey 2 2 100% 2 0 0 06/10/1982 10/11/1982
Philippe Tibeuf 2 2 100% 2 0 0 28/03/1990 17/11/1990
Stéphane Ruffier * 1 3 33% 1 0 0 29/03/2015 29/03/2015
Francis Camerini 1 2 50% 0 1 0 24/04/1971 24/04/1971
René Domingo 1 1 100% 0 0 1 27/11/1957 27/11/1957
Yves Triantafilos 1 1 100% 1 0 0 26/03/1975 26/03/1975
Gérard Farison 1 1 100% 1 0 0 24/04/1976 24/04/1976
Jean-Louis Zanon 1 1 100% 0 1 0 05/10/1983 05/10/1983
Patrice Garande 1 1 100% 0 1 0 27/04/1988 27/04/1988
Jean-Pierre Cyprien 1 1 100% 1 0 0 16/02/1994 16/02/1994
 Ivan Beck 1 1 100% 1 0 0 10/10/1937 10/10/1937

95 internationaux français sont passés par l’AS Saint-Etienne avant, pendant ou après leur carrière en équipe de France. Parmi eux, 57 joueurs ont joué au moins une fois en Bleu pendant qu’ils portaient le maillot stéphanois. 44 ont même débuté en sélection à ce moment-là, contre 12 qui étaient déjà internationaux avant d’arriver au club, comme Michel Platini, Laurent Blanc, Patrick Battiston, Bernard Genghini ou Bernard Lacombe. 32 d’entre eux ont fait toute leur carrière en équipe de France pendant qu’ils jouaient à Saint-Etienne, dont quatre ont dépassé les 20 sélections. Le duo de demi-finalistes de Séville, en 1982, a fini à la quarantaine : il s’agit de Gérard Janvion (40) et Christian Lopez (32).

72 buts de l’équipe de France ont été marqués par 24 joueurs stéphanois. Le meilleur à cet exercice est Michel Platini (12) juste devant Hervé Revelli (11). Viennent ensuite Jean-François Larios (5) et le trio Bernard Lacombe, Georges Bereta et René Alpsteg (4). Rocheteau, Bathenay, Herbin, Bosquier et Foix en ont inscrit 3. Gomis, Blanc, Zimako, Larqué et Faivre en comptent 2, alors que Roussey, Battiston, Lopez, Patrick Revelli, Cuissard, Guillas et Guy en ont inscrit un.

38 internationaux français ont joué à Saint-Etienne avant ou après leur carrière internationale. Les voici, du plus récent au plus ancien :

Kurt Zouma 5 (depuis 2015),
Paul-Georges Ntep 2 (2015), Benoît Trémoulinas (2012-2015),
Mathieu Debuchy 27 (2011-15), Yohan Cabaye 48 (2010-16),
Yann M’vila 22 (2010-12), Florent Sinama-Pongolle 1 (2008),
Frédéric Piquionne 1 (2007), François Clerc 13 (2006-08),
Rémy Cabella 4 (2004), Grégory Coupet 34 (2001-08),
Zoumana Camara 1 (2001), Willy Sagnol 58 (2000-2008),
Cyrille Pouget 3 (1996), Jean-Luc Sassus 1 (1992),
Laurent Fournier (3 (1992), Bernard Pardo 13 (1988-1991),
Pascal Despeyroux 3 (1988), Gérald Passi 11 (1987-88),
Sylvain Kastendeuch 9 (1987-1989), Alain Moizan 7 (1979-81),
Patrick Parizon 3 (1975), Bernard Gardon 1 (1973),
Robert Szcepaniak 5 (1967-68), Yvon Goujon 11 (1960-63),
François Heutte 9 (1959-61), Maryan Wiśniewski 33 (1955-63),
Léon Glovacki 11 (1953-55), Kader Firoud 6 (1951-52),
René Alpsteg 12 (1947-1952), Lucien Leduc 4 (1946),
Jules Bigot 6 (1936-1945), Marcel Langiller 30 (1935-37),
Ivan Beck 5 (1935-37), Albert Polge 3 (1933-34),
Roger Rolhion 4 (1931-33), Marcel Capelle 9 (1930-31)
et Laurent Henric 4 (1928-29).

L’équipe-type des Bleus de l’AS Saint-Etienne

Plaçons d’entrée Robert Herbin comme entraîneur, sachant qu’en temps que joueur il aurait pu se trouver quasiment à n’importe quel poste. Sauf à celui de gardien, sans doute là où il a manqué aux Verts un élément de haut niveau. Stéphane Ruffier aurait pu être celui-là, mais il est passé à côté de son histoire en équipe de France. Va pour Georges Carnus, certainement meilleur que Claude Abbes ou Jean Castaneda.

En défense, pas de surprise : Gérard Janvion est incontestable à droite, Gérard Farison à gauche (même s’il ne compte qu’une seule sélection, en 1976) et dans l’axe, on mettra Bernard Bosquier et Christian Lopez.

Le milieu aurait pu être pléthorique. Dominique Bathenay s’impose à la récupération, devant deux créateurs extraordinaires que sont Michel Platini et Rachid Mekhloufi, même si bien sûr la complémentarité entre les deux n’est pas évidente.

En attaque, là aussi du classique, avec Dominique Rocheteau à droite, Hervé Revelli dans l’axe et Georges Bereta à gauche. Une ligne offensive qui combine puissance, technique et efficacité. Ces trois-là cumulent sous le maillot vert 336 buts marqués.

Le banc aurait aussi fière allure. Claude Abbes, demi-finaliste en 1958, pourrait s’y installer. Patrick Battiston, Laurent Blanc, Roland Mitoraj et Pierre Repellini feraient de belles alternatives en défense. Au milieu, Jean-François Larios, Jean-Michel Larqué, René Domingo et Blaise Matuidi serviraient de doublures de luxe, alors qu’en attaque, Antoine Cuissard, Jacques Foix et Jacques Zimako mixeraient les époques.

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Cinq joueurs emblématiques

Robert Herbin
Le palmarès de celui-là n’est pas près d’être seulement approché : en un peu plus d’un quart de siècle passé au club d’une seule traite (de l’été 1957 à janvier 1983), il a tout gagné hormis le premier titre de champion, acquis juste avant son arrivée. Sur le terrain, où il a joué à peu près partout sauf dans les cages, il a disputé 492 matchs et marqué 99 buts, gagné cinq titres et trois Coupes de France. Sur le banc, en tant qu’entraîneur (à partir de 1972, à 33 ans seulement), la moisson s’enrichit de quatre autres titres de champion de France et trois Coupes de France. Sans lui, Saint-Etienne n’est plus grand chose : trois relégations en D2 en 1984, 1996 et 2001 et une Coupe de la Ligue en 2013.

Albert Batteux et Robert Herbin reçus par le président Georges Pompidou en juin 1970.
Albert Batteux et Robert Herbin reçus par le président Georges Pompidou en juin 1970.

Georges Bereta
Un peu plus jeune que Herbin (sept ans de moins), lui aussi a eu la malchance de tomber au pire moment de l’équipe de France depuis la guerre. Mais entre 1967 et 1975, il fait indiscutablement partie des cadres des Bleus, avec 44 matchs joués, 12 fois capitaines, joueur de l’année en 1973 et 1974. Son petit gabarit (1,66 mètre) et sa lourde frappe du gauche le rendent très difficile à contenir pour les défenses adverses. Mais sa belle histoire avec les Verts finit mal, car il est transféré entre novembre et janvier pour 500 000 francs (75 000 euros environ) à l’OM contre sa volonté. Il aura joué 344 matchs pour le club, avec 68 buts marqués, cinq titres de champion (de 1967 à 1970 et 1974) et trois Coupes de France (1968, 1970 et 1974).


 

Dominique Rocheteau
Lui aussi est tellement identifié au club qu’on oublierait presque qu’il n’y a pas joué si longtemps que ça : 176 matchs entre 1972 et 1980, sachant qu’il n’a gagné sa place de titulaire qu’à l’été 1975, l’année de ses 20 ans. Mais l’Ange Vert a incontestablement marqué son époque, ainsi que 56 buts, dont un entré à la postérité, en prolongation contre Kiev en mars 1976. C’est, chronologiquement, la deuxième superstar de l’histoire du foot français après Raymond Kopa et juste avant Michel Platini. Ses dribbles chaloupés et sa dégaine de rock-star font de lui une bête médiatique à son insu, car il est plutôt introverti et ne cherche pas les feux de la rampe. Parti au PSG, il se révèlera comme un très bon avant-centre et brillera sur le tard à la Coupe du monde 1986, la troisième à laquelle il participe.


 

Gérard Janvion
Arrivé de Martinique à 19 ans, à l’été 1972, il joue 393 matchs avec les Verts jusqu’en 1983. C’est un joueur très complet, qui a débuté comme attaquant avant de reculer au poste d’arrière droit et de finir en sélection défenseur central lors de la Coupe du monde 1982, où il côtoie Marius Trésor. Robert Herbin apprécie ses qualités de contre-attaquant et sa vitesse, et le place parfois en milieu défensif, comme lors de la saison du dernier titre en 1980-1981, aux côtés de Larios et Platini. En sélection, il est en concurrence avec Patrick Battiston mais ce dernier ne s’impose vraiment qu’après la fin de la carrière internationale de Janvion, fin 1982.

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Rachid Mekhloufi
C’est le deuxième meilleur buteur de l’histoire du club, avec 152 buts inscrits en 339 matchs. C’est aussi un immense talent, arrivé à Saint-Etienne à 18 ans en 1954, dont la carrière en club et surtout en sélection est coupée net par la guerre d’Algérie : alors qu’il vient d’être titré champion du monde militaire en 1957 avec les Bleus et qu’il est partant probable pour la Coupe du monde en Suède (vous l’imaginez, aux côtés de Raymond Kopa, avec Piantoni, Fontaine et Vincent devant lui ?), il quitte la France pour la Suisse le 14 avril 1958 et rejoint clandestinement l’équipe du FLN pour laquelle il jouera une soixantaine de matchs dans le monde entier jusqu’en 1962. Il revient à Geoffroy-Guichard en 1963 où il est bien accueilli et signe ses adieux en finale de Coupe de France par un doublé, en juin 1968.

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Sélectionneurs ou staff venus du club

L’AS Saint-Etienne est une grande pourvoyeuse de coachs pour la sélection, même si, à l’inverse, elle a fait appel à deux d’entre eux : Albert Batteux, entraîneur de l’équipe de France sous les ordres de Paul Nicolas entre 1955 et 1962 avant de rejoindre Geoffroy-Guichard en 1967, et Jean-Louis Gasset, adjoint de Laurent Blanc entre 2010 et 2012 avant d’entraîner les Verts entre 2018 et 2019. A cette liste, on pourrait ajouter trois autres internationaux qui ont entraîné le club : Jean Djorkaeff (1983-84), Maxime Bossis (en février 1996) et Gérard Soler (en septembre 2000).

Plus nombreux sont ceux qui ont fait le chemin opposé, du club vers la sélection. Jean Snella, entraîneur de l’ASSE depuis 1950, rejoint Albert Batteux pour l’assister pendant la Coupe du monde 1958 en Suède. Il est à nouveau appelé en 1966, après la Coupe du monde en Angleterre, pour former un binôme de sélectionneurs pendant quatre matchs avec son homologue nantais José Arribas. Pierre Mankowski a lui aussi été entraîneur des Verts en 1996-97 avant de rejoindre la FFF en 2000 puis de devenir l’adjoint de Jacques Santini et de Raymond Domenech.

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A sa suite, quatre autres sélectionneurs des Bleus auront porté le maillot de l’ASSE : Michel Platini entre 1988 et 1992, Aimé Jacquet entre 1994 et 1998, Jacques Santini (qui n’a pas été international) entre 2002 et 2004 et Laurent Blanc entre 2010 et 2012.

A ces six-là, il faut ajouter Henri Guérin, entraîneur des Verts entre 1961 et 1962, puis adjoint de Georges Verriest en équipe de France entre 1962 et 1964, et premier sélectionneur unique entre 1964 et 1966. Mais aussi le gardien de but Ivan Curkovic, appelé par Michel Hidalgo en 1982 pour s’occuper des portiers français à la Coupe du monde.

Matchs avec le plus de Stéphanois

A deux reprises dans l’histoire de l’équipe de France, six Stéphanois ont évolué ensemble comme titulaires : la première est le 25 septembre 1968 à Marseille contre la RFA en amical (1-1). Louis Dugauguez aligne Georges Carnus dans les buts, Roland Mitoraj et Bernard Bosquier (capitaine) en défense, Aimé Jacquet au milieu et Hervé Revelli et Georges Bereta en attaque. Robert Herbin est forfait. Trois semaines plus tard, à Lyon contre l’Espagne, il y a encore six Stéphanois, les cinq mêmes plus Robert Herbin au milieu et moins Hervé Revelli en attaque (1-3). Un septième Vert, André Fefeu, est sur le banc. Il ne sera jamais sélectionné.

Une autre fois, il y a eu six Verts en même temps sur le terrain, mais pas au coup d’envoi : le 21 novembre 1973 au Parc, pour la troisième sortie de Stefan Kovacs comme sélectionneur, face au Danemark (3-0). Les Verts commencent à cinq avec Pierre Repellini et Alain Merchadier en défense, Georges Bereta au milieu et Hervé Revelli et Christian Sarramagna en attaque. A un quart d’heure de la fin, Patrick Revelli fait le sixième en remplaçant Serge Chiesa.

Entre septembre 1969 et octobre 1982, il y a eu pas moins de 14 matchs avec cinq Stéphanois participants, titulaires et remplaçants mêlés. Dont 7 avec cinq titulaires : contre la Suède en 1969, la Bulgarie en 1970, la Hongrie 1971, l’Irlande en 1977, la RFA en 1980, l’Espagne et l’Irlande en 1981. On notera que pendant la période hégémonique 1974-1976, jamais les Verts ne seront plus de quatre à jouer en sélection en même temps. La puissance du club stéphanois, pour qui le championnat et la Coupe d’Europe sont prioritaire, et la faiblesse de l’équipe de France expliquent cela.

Quand l’équipe de France joue à Saint-Etienne

La toute première fois remonte au 27 août 1968, mais ce n’était pas un match international officiel (il ne comptait donc pas pour les sélections). C’était un France-Bayern Munich avec côté Bleus cinq Stéphanois titulaires (Bosquier, Herbin, Jacquet, Revelli et Bereta) et deux remplaçants (Carnus et Mitoraj). [1]


 

En match officiel, c’est arrivé sept fois seulement, la première en 1984 seulement, 80 ans après les débuts de l’équipe de France, alors que le club est descendu en Ligue 2. Contre la Yougoslavie le 19 juin (3-2), c’est de très loin le plus spectaculaire et le plus mémorable. Puis les Bleus reviennent à Geoffroy-Guichard le 8 octobre 1994 contre la Roumanie (0-0), le 12 novembre 1997 contre l’Ecosse (2-1), le 20 juin 2003 face au Japon en Coupe des Confédérations (2-1), le 7 juin 2006 face à la Chine (3-1) pour le tout dernier match de Zidane sur le sol français (il glisse en tirant un pénalty), le 2 juin 2009 contre le Nigéria (0-1) et le 29 mars 2015 contre le Danemark (2-0), avec un but de Lacazette, copieusement sifflé.

Bien peu de Stéphanois ont joué lors de ces matchs : Stéphane Ruffier est le seul à l’avoir fait pendant qu’il était au club, contre le Danemark en 2015. Didier Deschamps avait fait entrer quatre autres ex-Verts : Kurt Zouma, Joshua Guilavogui, Dimitri Payet et Blaise Matuidi). Cinq autres sont dans le même cas : Willy Sagnol contre le Japon en 2003, Laurent Blanc face à l’Ecosse en 1997, Patrick Battiston, Michel Platini et Dominique Rocheteau contre la Yougoslavie en 1984.

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[1Lire l’article France, capitale Saint-Etienne sur le blog de Thierry Clemenceau.

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