Combien de temps faut-il pour battre un champion du monde ?

Publié le 18 novembre 2018

123 jours après la finale de Moscou, les Pays-Bas se sont offerts une victoire de prestige contre le champion du monde sortant, qui n’est resté invaincu que quatre matchs. D’autres ont fait beaucoup mieux, mais certains ont fait bien pire…

En 1998, l’équipe de France avait défendu son invincibilité de championne du monde pendant près d’un an, ne s’inclinant que le 5 juin 1999 contre la Russie au Stade de France. Soit 328 jours après le 12 juillet 1998, et une série de dix matchs sans défaite.

Vingt ans plus tard, l’histoire est bien différente. Les Bleus, déjà en grande difficulté en septembre à Munich et en octobre à Guingamp, se sont inclinés lors de leur cinquième match post-titre mondial, 123 jours à peine après la finale de Moscou contre la Croatie.

Les sept autres champions du monde avaient-ils fait mieux ou moins bien après les 19 autres finales ?

Il s’avère que les dix matchs d’invincibilité de 1998-99, s’ils ne constituent évidemment pas un record, sont déjà une performance remarquable puisque seul le Brésil a fait mieux, en 1970 (17 matchs) et en 1994 (23). Les Auriverde avaient aussi fait une série de 10 après leur premier titre de 1958.

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Pour autant, perdre au cinquième match n’est pas infâmant. Après tout, huit champions du monde ont fait bien pire en s’inclinant dès leur première sortie après le titre : l’Uruguay en 1930, l’Italie en 1934, 1982 et 2006 (une tradition, sans doute), l’Allemagne en 1954 et 2014, l’Argentine en 1986 et le Brésil en 2002. L’Espagne 2010 n’avait tenu que deux matchs, l’Uruguay 1950, le Brésil 1962, l’Angleterre 1966 et l’Allemagne 1974 trois.


 

Le Paraguay aime bien le Brésil, et la Suisse adore l’Italie

Si l’on regarde maintenant qui sont les premiers tombeurs de champions du monde en titre, on retrouve quelques équipes surprises comme le Paraguay (vainqueur du Brésil en 1962 et 2002), la Suisse (Italie 1934 et 1982), Galles (Allemagne 1990) ou le Chili (Uruguay 1950). L’Italie, souvent victime, a été bourreau deux fois contre le Brésil 1970 et l’Argentine 1986, laquelle Argentine s’est fait un malin plaisir de corriger l’Espagne 2010 (4-1) et l’Allemagne 2014 (4-2), joli doublé même s’il ne sert pas à grand chose.


 
On notera au passage la présence de cette liste de deux revanches de la finale précédente, l’Italie-Brésil de 1973 (gagnée par l’Italie 2-0 avec un but accordé à Fabio Capello alors que le ballon avait frappé le dessous de la barre avant de rebondir nettement à l’extérieur de la cage) et donc l’Allemagne-Argentine de 2014. En septembre 2006, la France avait aussi battue l’Italie (3-1), mais la Croatie était déjà passée par là.


 
Un autre critère intéressant est la durée d’invincibilité, mesurée entre la date de la finale et celle de la première défaite, en nombre de jours. On pourrait dire que ça ne change pas grand chose, et pourtant si : certains champions du monde ont fait durer le plaisir en ne disputant aucune rencontre les mois qui ont suivi leur titre, comme l’Uruguay en 1950 (premier match en mars 1952) ou le Brésil en 1958 (premier match en mars 1959).

Le Brésil 1970, invaincu pendant près de trois ans

Après leur troisième Coupe du monde gagnée en 1970, les Brésiliens sont ainsi restés invaincus près de trois ans, jusqu’en juin 1973. Mais ça ne représente que 19 matchs (en comptant la finale et la première défaite) en 1084 jours, contre 25 matchs (dont 23 pour la série d’invincibilité) pour le Brésil de 1994, en moitié moins de temps (553 jours).

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On constatera que si, jusqu’à la fin du 20e siècle, il n’était pas rare d’approcher, voire dépasser une année d’invincibilité, la durée s’est considérablement raccourcie après les cinq derniers tournois mondiaux. Le Brésil 2002, l’Espagne 2010 ou l’Allemagne 2014 n’avaient pas tenu deux mois, et l’Italie 2006 s’était inclinée 38 jours seulement après la finale de Berlin (face à la Croatie, merci à elle). A ce titre, finalement, les 123 jours de 2018 ne sont pas une si mauvaise performance, surtout en tenant compte du niveau de l’opposition.

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