[856] Albanie-France (0-2) : ça bouge dans les lignes

Publié le 18 novembre 2019

Contraint de se passer de nombreux titulaires, Didier Deschamps s’est offert une innovation tactique pour son centième match de sélectionneur : une défense à trois. Le résultat est satisfaisant malgré une deuxième mi-temps brouillonne.

Le résultat était-il prévisible ?

Si la qualification a été acquise avant même le coup d’envoi du match de jeudi dernier contre la Moldavie, celui de Tirana gardait un enjeu : la première place du groupe. Suffisant pour que les Bleus jouent la victoire afin de ne pas se faire doubler par la Turquie. Mais compte tenu des prestations minimalistes depuis octobre, un succès sur un score étriqué semblait le plus probable.

Mais en ouvrant rapidement le score (8e, Tolisso) et en doublant la mise à la demi-heure (31e, Griezmann), l’équipe de France s’épargnait la migraine de la Moldavie, même si le troisième but qui aurait définitivement plié le match n’est jamais venu, faute d’un nombre famélique de tirs cadrés (cinq). L’essentiel, la victoire et la première place, est tout de même acquis, et ce avec une équipe très loin de celle de Moscou, dont il ne restait plus au coup d’envoi que Varane, Griezmann et Giroud.

L’équipe est-elle en progrès ?

C’est dans le registre tactique que le sélectionneur a surpris son monde, une chose pour le moins inhabituelle. Privés de Pavard, Kanté et finalement Mbappé, les Bleus se sont présentés à Tirana dans un 3-4-3 quasi guardiolesque, même si on sait bien qu’une défense à trois avec deux latéraux placés au milieu se transforme vite en défense à cinq à la perte du ballon. Le système est intéressant, en particulier face à des équipes regroupées en défense qui n’attaquent que très peu. Ce qui aura été le cas quasiment toute l’année 2019, hormis à Konya en juin.

Mais on aimerait le revoir avec un milieu de terrain plus étoffé que la seule doublet Tolisso-Sissoko, ou alors avec des latéraux en état de marche, ce qui n’est manifestement plus le cas d’un Benjamin Mendy en voie de diabysation, et d’ailleurs remplacé à un quart d’heure de la fin.

Au final, le jeu proposé a été plus vivant que trois jours plus tôt, mais il est très improbable qu’on revoie de sitôt une équipe composée pour les deux tiers de remplaçants. Il serait intéressant d’observer ce que donnerait une défense à trois avec les latéraux habituels, Pavard et Hernandez, qui ont déjà évolué en club en défenseurs centraux.

Quels sont les joueurs en vue ?

Après plusieurs prestations décevantes, Antoine Griezmann a retrouvé une grande partie de ses sensations dans un système de jeu où il a bénéficié d’une grande liberté et en a fait bon usage. Il a retrouvé le chemin des filets et a distribué des passes remarquables, dont une au moins aurait dû faire le bonheur de Giroud si le poteau n’avait pas été sur la trajectoire.

Corentin Tolisso a lui aussi saisi sa chance et il a bien fait, car les retours de Paul Pogba et de N’Golo Kanté en mars prochain (qui ont beaucoup manqué aux Bleus cette année) ne laisseront plus guère d’espace au milieu. Sur le côté droit, Léo Dubois s’est mis en évidence, avec du déchet dans les centres en première mi-temps. Enfin, Clément Lenglet s’est bien repris après sa prestation ratée contre la Moldavie.

Quels sont les joueurs en retrait ?

Wissam Ben Yedder, titulaire pour la troisième fois, n’a pas fait d’étincelles, alors qu’il était associé à Olivier Giroud. Timide en première mi-temps, il a disparu de la circulation en seconde, comme s’il avait du mal à se faire une place dans une attaque où son profil technique pourrait pourtant être utile.

Sur le côté gauche, Benjamin Mendy a plutôt bien démarré la partie, en proposant des solutions de débordement, mais il a très vite été repris par une condition physique défaillante et n’a pas fini le match. On se demande quand on le reverra à son niveau monégasque. Enfin, Moussa Sissoko n’a pas apporté grand chose dans l’entrejeu alors qu’il était plus axial que d’habitude. Quand à Nabil Fekir, il est rentré en faisant la tête. Il faut dire que le sélectionneur lui délivre des bons de sortie à peine plus longs qu’un flash d’informations.

Quelles sont les attentes pour le prochain match ?

Il n’arrivera que fin mars, dans plus de quatre mois. Et les prochains adversaires ne sont pas connus. Il ne le seront certainement pas avant décembre, une fois le tirage au sort de l’Euro 2020 passé (le 30 novembre). Sauf si le premier amical de l’année propose une opposition sud-américaine ou africaine, ce qui n’est pas à exclure (Brésil ? Argentine ?). La priorité du moment, c’est de découvrir les trois adversaires du premier tour.

Mais compte tenu de la formule grand-guignolesque des éliminatoires de l’Euro 2020, tous les qualifiés ne seront pas connus au moment du tirage. Les quatre derniers seront issus des barrages de la Ligue des Nations, fin mars prochain. Autrement dit, seuls deux des six groupes constitués le 30 novembre seront complets, les quatre autres comportant un trou. C’est n’importe quoi ? On est bien d’accord.

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