Après Platini, Zidane et Kopa, qui est le quatrième ?

Publié le 5 mars 2017

Si les trois meilleurs joueurs français font consensus, la quatrième place peut faire débat. Par son palmarès, sa longévité et sa technique, Thierry Henry semble le mieux placé. Mais d’autres peuvent légitimement y prétendre. Lesquels ?

Kopa, Platini, Zidane pour la chronologie, Platini, Kopa, Zidane pour le palmarès en club et individuel, Zidane, Platini, Kopa pour le palmarès en Bleu : ces trois-là sont incontestablement les trois meilleurs joueurs français de tous les temps, et ils figurent sans trop de mal dans le top 30 des meilleurs joueurs du monde.

Mais qui vient après ? C’est là que ça se complique. Si on s’en tient au palmarès en sélection, c’est Thierry Henry, champion du monde 98, champion d’Europe 2000, vainqueur de la Coupe des confédérations 2003, meilleur buteur de l’histoire et deuxième joueur le plus sélectionné.

Thierry Henry, une évidence qui se discute

Qu’est-ce qui, dans son parcours, pourrait rendre cette quatrième place contestable ? Sans doute le fait qu’il n’ait jamais eu un statut de leader, même en l’absence de Zidane en 2004-2005 et entre 2006 et 2010. Son rendement lors des trois finales qu’il a disputées est aussi problématique. En 2000, il n’a pas fait de différence devant, sauf une fois en première mi-temps, son tir trouvant le poteau de Toldo. En 2003, il marque le but en or contre le Cameroun, et en 2006, il est bien pris par la charnière Cannavaro-Materazzi, malgré une bonne période en début de deuxième mi-temps.

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Il y a surtout cette pénible tournée d’adieux commencée un soir de novembre à Saint-Denis et achevée tête basse à Bloemfontein, dans l’hiver austral. Après avoir fait le forcing auprès de Raymond Domenech pour être intégré dans la liste des 23, il ne s’implique pas, se tient à distance des embrouilles et traverse les 53 minutes de jeu comme un fantôme.

Donc, si ce n’est pas Henry, qui ? Par leur influence dans le jeu, Just Fontaine, Roger Piantoni, Jean Tigana, Maxime Bossis, Jean-Pierre Papin, Didier Deschamps, Laurent Blanc, Lilian Thuram ou Fabien Barthez ne sont pas loin. On pourrait citer aussi l’extraordinaire Larbi Ben Barek, dont la carrière a été interrompue par la guerre. Antoine Griezmann et Paul Pogba, s’ils confirment les promesses entrevues depuis deux ans, sont aussi des postulants évidents.

Et si c’était Giresse ?

Et puis il y a Alain Giresse. Certes, le milieu bordelais ne compte que 45 sélections, ce qui est bien peu en regard de ce qu’il a apporté. Mais c’est le même total que Raymond Kopa. On pourra objecter aussi qu’il n’a marqué que six buts. Et que sa carrière en Bleu, commencée en 1974, n’a réellement décollé qu’en 1981, dans sa vingt-neuvième année. Rien d’impressionnant, donc.

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Mais avec Giresse, la vérité n’est pas dans les chiffres. Elle est dans l’importance déterminante qu’il a pris dans la sélection, le rôle de détonateur qui fut le sien d’abord à la place de Platini puis à ses côtés, et il faut rendre grâce à Michel Hidalgo d’avoir eu le courage d’associer ces deux joueurs plutôt que les mettre en concurrence. Alors qu’aucune solution satisfaisante ne se dégageait au milieu depuis 1976 (Michel, Guillou, Moizan, Larios...), son arrivée (associée à celle de Tigana) a métamorphosé l’entrejeu des Bleus.

Les Bleus étaient meilleurs avec lui

Giresse n’était pas un grand buteur comme Platini [1], pas un caresseur de ballon glamour comme Zidane, mais il se rapprochait assez de Kopa par sa morphologie, sa couverture de balle, ses dribbles courts et sa qualité de passe. Il avait en commun avec le Rémois une redoutable efficacité : 45 sélections, certes, mais 17 en phase finale (12 en coupe du monde, 5 à l’Euro), soit plus du tiers des matches joués en équipe de France. 6 buts, oui, mais 4 dans des matches importants : face à l’Irlande du Nord (doublé) et la RFA en 1982, contre la Belgique en 1984. Et il faut ajouter la bagatelle de 11 passes décisives, dont quatre en coupe du monde et deux à l’Euro.

 


 

Ce n’est pas un hasard si l’équipe de France a rayonné quand il était au meilleur de sa forme, comme au Mondial 1982, à l’Euro 1984 ou lors de la victoire contre l’Uruguay en août 1985. La Coupe du monde au Mexique est arrivée trop tard pour lui. A près de 34 ans, en altitude et avec des matches à midi, il ne pouvait plus suivre le rythme et donner le tempo, ce qui ne l’a pas empêché d’être passeur décisif pour Fernandez contre l’URSS.

En retrait pour Giresse !

Alain Giresse aurait même mérité de jouer la Coupe du monde 1978 en Argentine, mais Michel Hidalgo lui a préféré Claude Papi. Dommage. Il restera à jamais l’auteur du troisième but français à Séville, quand il catapulta de l’extérieur du droit le ballon sur l’intérieur du poteau d’Harald Schumacher, ouvrant pendant quelques minutes le fol espoir d’une finale mondiale. Merci pour ça.
 


 

[1Même si, en club, il a quand même inscrit 187 buts en 678 matches, ce qui n’est pas rien.

A paraître le 25 octobre

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