Ce que l’équipe de France doit aux Girondins de Bordeaux

Publié le 19 mai 2020, mis à jour le 23 mai 2020 - Raphaël Perry

Ils sont 102 à avoir porté, simultanément ou successivement, le maillot marine et blanc et le maillot bleu dans leur carrière. De Henri Arnaudeau à Laurent Koscielny en passant par Alain Giresse et Zinédine Zidane, voici raconté l’apport des Girondins à la patrie.

Fondé en 1881 mais actif sur le plan du football depuis 1937, l’actuel doyen des clubs de Ligue 1 est l’un des plus grands pourvoyeurs d’internationaux, par vagues suivant les époques, avec en apothéose deux champions du monde (Lizarazu et Dugarry) et d’Europe (Giresse et Domergue) issus de ses rangs.

Rentrés dans le rang depuis dix ans, les Girondins n’en demeurent pas moins une référence sur la scène hexagonale avec leurs six titres de champion de France disséminés sur 60 ans. Cela a débuté par une coupe de France à l’accent espagnol glanée pendant la Guerre en 1941, un premier titre de champion de D1 en 1950 alors que le club est tout juste promu, avant un enchaînement de finales de Coupe de France perdues (5 en 17 ans).

Autour de Giresse, une grande équipe se construit

Dans le ventre mou dans les années 1970, Bordeaux a réellement pris son envol à l’arrivée de Claude Bez. A l’étendard local Alain Giresse, l’emblématique président a associé au fil des ans des valeurs sûres comme Bernard Lacombe, Marius Trésor, Patrick Battiston ou à gros potentiel comme Jean Tigana, le tout chaperonné par Aimé Jacquet.

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Bordeaux en 1983-84, avec 9 internationaux français sur la photo (manque Jean Tigana).
Debout de gauche à droite Trésor, Girard, Specht, Battiston, Tusseau et Delachet ;
accroupis, Thouvenel, Lacombe, Giresse, Zénier et D. Müller.


Les titres ont suivi avec trois championnats (1984, 1985, 1987) et deux Coupes de France (1986, 1987) remportés en quatre saisons. Avant les ennuis financiers en fin de décennie débouchant sur une descente administrative en D2 prononcée en 1991.

Grâce à son centre de formation et à certains cadres de l’équipe restés dans la tempête, le rebond a été immédiat et la montée en puissance irrésistible débouchant sur la finale de Coupe de l’UEFA 1996 de la génération Lizarazu-Zidane-Dugarry, puis trois ans plus tard sur un nouveau titre de champion estampillé Elie Baup, l’entraîneur à la casquette.

Souvent placé mais jamais gagnant sous l’ère lyonnaise – une coupe de la Ligue en 2007 - Bordeaux a ressurgi lors des débuts d’entraîneur de Laurent Blanc pour quérir une sixième couronne nationale et une troisième Coupe de la Ligue en 2009.

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Arnaudeau le premier, Jurietti le plus éphémère

Ce palmarès fourni doit beaucoup à la centaine d’internationaux français qui ont porté leurs couleurs, dont 37 ont découvert les Bleus en étant basés en Gironde. Le premier d’entre eux se prénomme Henri Arnaudeau, capés deux fois en 1942, en récompense sûrement de la première Coupe de France gagnée par le club l’année précédente.

Le plus emblématique est Alain Giresse (47 sélections de 1974 à 1986) natif de Langoiran en bord de Garonne, surnommé le petit prince de Lescure où il aura passé seize ans et fini en apothéose avec son lob victorieux sur le Marseillais Joseph-Antoine Bell en finale de la Coupe de France.

Le plus renommé est sans conteste Zinédine Zidane avec ses 17 sélections obtenues (sur 108) lors de ses quatre saisons passées avec le maillot bordelais, prélude d’un avenir radieux. Le plus furtif Franck Jurietti avec ses 5 secondes disputées contre Chypre en 2005, comme un clin d’œil adressé à tous les professionnels. « Dans le football, tout peut arriver… ».

Titrés avec les Bleus

Quatre Bordelais ont atteint le Graal suprême en 1998 : Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry, formés au Haillan, Zinédine Zidane, qui les a accompagnés pendant quatre ans, ainsi que le capitaine Didier Deschamps, Girondin lors de la saison 1990-1991. Ces quatre-là ont conquis aussi la couronne européenne en 2000, Lizarazu participant même aux deux victoires en Coupe des Confédérations (2001-2003) contre une seule pour Dugarry en 2001.

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Bordeaux en 1996, finaliste de la Coupe de l’UEFA avec ses trois futurs champions du monde.
Debout de gauche à droite : Zidane, Croci, Dogon, Witschge, Huard ; Accroupis : Friis Hansen, Lucas, Bancarel, Lizarazu, Tholot et Dugarry.


D’autres Bordelais ont remporté l’Euro, que ce soit celui de 1984 (Alain Giresse, Jean Tigana, Patrick Battiston, Bernard Lacombe) ou celui de 2000 (Sylvain Wiltord, Ulrich Ramé, Johan Micoud). A signaler que Jean-Christophe Thouvenel a été champion olympique à Los Angeles en 1984 alors qu’il portait les couleurs marine et blanc.

Tableau des internationaux bordelais

59 Bordelais ont eu l’honneur de porter le maillot bleu. Avec une astérisque les joueurs qui étaient internationaux avant leur arrivée à Bordeaux. GB = Girondins de Bordeaux.

JoueursSél.
GB
Total
sél.
% sél.
GB
GNPDébut
GB
Fin
GB
Alain Giresse 47 47 100 29 11 7 07/09/1974 25/06/1986
Jean Tigana* 45 52 86 26 9 10 18/11/1981 19/11/1988
Christophe Dugarry 35 55 64 20 10 5 25/05/1994 11/06/2002
Patrick Battiston* 26 56 46 17 3 6 07/09/1983 09/11/1986
Bixente Lizarazu 25 97 26 15 9 1 14/11/1992 26/06/1996
Alou Diarra* 22 44 50 14 6 2 27/05/2008 09/06/2011
Yoann Gourcuff 22 31 71 9 7 6 20/08/2010 22/06/2010
André Chorda 22 24 92 8 5 9 03/10/1962 26/11/1966
Marius Trésor* 20 65 31 10 5 5 29/04/1981 12/11/1983
Bernard Lacombe* 20 38 53 16 2 2 05/09/1979 27/06/1984
Jean-Marc Ferreri* 19 37 51 10 5 4 19/08/1986 17/11/1990
Sylvain Wiltord 18 92 20 14 2 2 10/02/1999 02/07/2000
Zinedine Zidane 17 108 16 10 7 0 17/08/1994 26/06/1996
Thierry Tusseau* 13 22 59 9 3 1 29/02/1984 28/06/1986
Ulrich Ramé 12 12 100 7 1 4 09/06/1999 12/02/2003
Edouard Kargu 11 11 100 4 2 5 04/06/1950 11/11/1953
Gérard Soler* 10 16 62 6 1 3 29/04/1981 10/07/1982
Bernard Pardo* 8 13 61 7 1 0 16/08/1989 28/03/1990
Jean-Philippe Durand* 7 26 27 6 1 0 11/10/1989 30/03/1991
Johan Micoud 7 17 41 6 0 1 18/08/1999 21/06/2000
André Doye 7 7 100 4 2 1 01/11/1950 22/05/1952
Philippe Fargeon 7 7 100 2 3 2 16/06/1987 27/04/1988
Jean Gallice 7 7 100 0 4 3 12/10/1974 09/10/1976
René Girard 7 7 100 3 1 3 14/10/1981 10/07/1982
Lilian Laslandes 7 7 100 4 3 0 12/11/1997 09/10/1999
Rio Mavuba 6 13 46 4 2 0 18/08/2004 28/03/2007
Dominique Bijotat* 6 8 75 4 2 2 14/10/1987 27/04/1988
Jean-Paul Rostagni* 6 25 24 3 1 2 05/09/1970 17/03/1971
Didier Deschamps* 5 103 5 5 0 0 05/09/1990 30/03/1991
José Touré* 5 16 31 2 3 0 29/04/1987 27/01/1988
Ibrahim Ba 5 8 62 3 0 2 22/01/1997 11/06/1997
Laurent Robuschi 5 5 100 1 2 2 05/05/1962 26/11/1966
Jean Swiatek 5 5 100 2 1 2 24/12/1944 04/06/1950
Roland Guillas 4 9 44 1 2 1 03/12/1958 28/02/1960
Jean-Christophe Thouvenel 4 4 100 1 1 2 31/05/1983 16/06/1987
Camel Meriem 3 3 100 0 3 0 17/11/2004 26/03/2005
François Remetter* 3 26 11 1 1 1 16/04/1958 11/06/1958
Philippe Vercruysse* 3 12 25 0 1 2 19/08/1986 11/10/1986
Henri Arnaudeau 3 6 50 1 0 2 08/03/1942 24/12/1944
Alain Roche 2 25 8 0 1 1 19/11/1988 07/02/1989
François Bracci* 2 18 11 0 1 1 14/10/1981 14/05/1982
Léonard Specht* 2 18 11 0 1 1 03/04/1985 02/05/1985
Jacques Simon* 2 15 13 0 0 2 17/10/1968 12/03/1969
Benoit Trémoulinas 2 5 40 1 0 1 14/11/2012 05/06/2013
Robert Péri* 2 3 66 0 1 1 19/03/1966 27/09/1967
Hector De Bourgoing* 1 3 33 0 0 1 15/07/1966 15/07/1966
Didier Sénac* 1 3 33 0 1 0 14/10/1987 14/10/1987
Abdesselem Ben Mohammed 1 1 100 1 0 0 25/11/1953 25/11/1953
Cédric Carrasso 1 1 100 1 0 0 09/06/2011 09/06/2011
Michael Ciani 1 1 100 0 0 1 25/02/2010 25/02/2010
Didier Couécou 1 1 100 1 0 0 23/12/1967 23/12/1967
Jean-Luc Dogon 1 1 100 1 0 0 28/07/1993 28/07/1993
Julien Faubert 1 1 100 1 0 0 09/08/2006 09/08/2006
René Gallice 1 1 100 0 1 0 12/05/1951 12/05/1951
Manuel Garriga 1 1 100 0 1 0 01/11/1950 01/11/1950
Franck Jurietti 1 1 100 1 0 0 12/10/2005 12/10/2005
Francis Meynieu 1 1 100 0 0 1 22/05/1976 22/05/1976
Mustapha Ben M’Barek 1 1 100 0 0 1 04/06/1950 04/06/1950
Marc Planus 1 1 100 0 1 0 30/05/2010 30/05/2010

Sept autres internationaux ont été formés à Bordeaux :
Philippe Bergeroo, à Bordeaux entre 1971 et 1978, gardien, 3 sélections entre 1979 et 1984
Pierre Bernard (1952-1957), gardien, 21 sélections entre 1960 et 1965
Jean-François Domergue, (1975-1980), défenseur, 9 sélections (2 buts) entre 1984 et 1989
Jean-Marc Ferratge (1977-1980), attaquant, 1 sélection en 1982
Jérôme Gnako, (1986-1988,) milieu de terrain, 2 sélections entre 1992 et 1994
André Grillon (1943-1944), défenseur, 15 sélections entre 1946 et 1951
Mathieu Valbuena en formation, milieu de terrain, 52 sélections (8 buts) entre 2010 et 2015

Les 36 autres internationaux passés par Bordeaux sont :
William Ayache (1989), défenseur, 20 sélections entre 1983 et 1988
Henri Baillot (1950-1952), attaquant, 8 sélections (4 buts) entre 1948 et 1950
André Betta (1969-1970), attaquant, 2 sélections en 1968
Patrick Blondeau (1998), défenseur, 2 sélections en 1997
Jérémie Bréchet (2013-2014), défenseur, 3 sélections entre 2001 et 2002
Jimmy Briand (2018-2020), attaquant, 5 sélections entre 2008 et 2012
Éric Cantona (1989), attaquant, 45 sélections (20 buts) entre 1987 et 1995
Clément Chantôme (2015-2016), milieu de terrain, 1 sélection en 2012
Bruno Cheyrou (2005-2006), milieu de terrain, 3 sélections entre 2002 et 2004
Benoît Costil (2017-2020), gardien, 1 sélection en 2016
Mathieu Debuchy (2016), défenseur, 27 sélections (2 buts) entre 2011 et 2015
Vikash Dhorasoo (2001-2002), milieu de terrain, 18 sélections (1 but) entre 1999 et 2006
Marcel Dib (1993-1994), milieu de terrain, 6 sélections entre 1988 et 1990
Raymond Domenech (1982-1984), poste, 8 sélections entre 1973 et 1979
Dominique Dropsy (1984-1989), gardien, 17 sélections entre 1978 et 1981
Laurent Fournier (1994-1995), milieu de terrain, 3 sélections en 1992
Albert Gemmrich (1979-1982), attaquant, 5 sélections (2 buts) en 1978
Bernard Genghini (1988-1989), milieu de terrain, 27 sélections (6 buts) entre 1980 et 1986
Jean Hédiart (1959-1960), attaquant, 1 sélection en 1956
Guillaume Hoarau (2014), attaquant, 5 sélections entre 2010 et 2011
Abderrahmane Ibrir (1946-1947), gardien, 6 sélections entre 1949 et 1950
Laurent Koscielny (2019-2020), défenseur, 51 sélections (1 but) entre 2011 et 2018
Robert Lemaître (1957-1958), défenseur, 2 sélections entre 1953 et 1954
Xercès Louis (1957-1960), milieu de terrain, 12 sélections entre 1954 et 1956
Corentin Martins (1999-2000), milieu de terrain, 14 sélections (1 but) entre 1993 et 1996
Jérémy Ménez (2016-2017), attaquant, 24 sélections (2 buts) entre 2010 et 2013
Stéphane Paille (1988-1989 et 1993-1994), attaquant, 8 sélections (1 but) entre 1986 et 1989
Jean-Pierre Papin (1996-1998), attaquant, 54 sélections (30 buts) entre 1986 et 1995
William Prunier (1994-1995), défenseur, 1 sélection en 1992
Robert Rico (1973-1974), attaquant, 1 sélection en 1970
Omar Sahnoun (1979-1980), milieu de terrain, 6 sélections entre 1977 et 1978
Yannick Stopyra (1988-1989), attaquant, 33 sélections (11 buts) entre 1980 et 1988
Jérémy Toulalan (2016-2018), milieu de terrain, 36 sélections entre 2006 et 2010
Tony Vairelles (2001), attaquant, 8 sélections (1 but) entre 1998 et 2000
Jacques Vergnes (1978-1979), attaquant, 1 sélection (1 but) en 1971
Bernard Zénier (1983-1984), milieu de terrain, 5 sélections (1 but) entre 1977 et

Matches avec le plus de Bordelais

Les Girondins ont aligné jusqu’à cinq joueurs ensemble sous le maillot bleu. C’est arrivé même cinq fois dans les années 1980, signe de la puissance des Bordelais lors de cette décennie marquée du sceau de Michel Platini.
 contre l’Italie et l’Autriche en 1982 : Marius Trésor, Alain Giresse, Jean Tigana, Gérard Soler et Bernard Lacombe
 contre la Bulgarie en 1982 : Marius Trésor, François Bracci, Alain Giresse, Jean Tigana et Bernard Lacombe
 contre la Yougoslavie en 1985 : Patrick Battiston, Léonard Specht, Thierry Tusseau, Jean Tigana et Alain Giresse
 contre la Norvège en 1987 : Didier Sénac, José Touré, Jean-Marc Ferreri, Dominique Bijotat et Philippe Fargeon

On retrouve également une cohorte de Girondins au passage de l’année 1950, date du premier titre de champion du club, quelques-uns dans les années 1960 suite à des bons parcours en Coupe de France, et enfin deux dernières vagues autour de l’an 2000 et de 2010, issues des des cinquième et sixième titres de champion de France.

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L’équipe de France contre l’Autriche en juillet 1982 avec ses cinq Bordelais.
De gauche à droite, Trésor, Ettori, Battiston, Bossis, Janvion, Tigana, Giresse, Soler, Lacombe, Genghini et Six.


Les buteurs bordelais

22 Bordelais ont marqué sous le maillot bleu. Deux se partagent la première place, Alain Giresse et Sylvain Wiltord (6 buts). Ils devancent un quartet composé d’André Doye, Christophe Dugarry, Bernard Lacombe et Zinédine Zidane (5 buts), puis un trio Edouard Kargu, Lilian Laslandes et Gérard Soler (3 buts).

Le latéral Bixente Lizarazu arrive juste derrière en compagnie de Philippe Fargeon avec 2 buts. Enfin, onze joueurs sont restés bloqués à une unité : Henri Arnaudeau, Patrick Battiston, Ibrahim Ba, Hector de Bourgoing, Julien Faubert, René Girard, Yoann Gourcuff, Jean Gallice, Marius Trésor, Jean Tigana et José Touré.

Quatre d’entre ont inscrit un doublé : Gérard Soler (contre la Belgique en 1981), Bernard Lacombe (contre Chypre en 1981), Alain Giresse (contre l’Irlande du Nord en 1982) et Zinédine Zidane (contre la République tchèque en 1994 lors de sa première sélection).

Equipe-type

L’équipe-type des internationaux girondins est disposée en 4-2-3-1 avec Ulrich Ramé (1997-2011), double champion de France dans la cage. Pour joueurs de champ, l’homogénéité est de mise avec 28 sélections de moyenne. Zinédine Zidane est le joueur le moins capé avec 17 sélections.
La défense regroupe trois générations de Bordelais : celle des finales de Coupes de France perdues avec André Chorda (1962-1969), celle qui a régné sur les années 1980 avec Patrick Battiston (1983-1987, puis 1989-1991), triple champion et double Lauréat de la Coupe de France, et Marius Trésor (1980-1984) qui a fini sa carrière sur un titre de champion. Ces deux protagonistes du drame de Séville, devenus formateurs au club, sont restés fidèles au scapulaire pendant plus de trois décennies.

Qui d’autre pouvait prétendre au poste de latéral gauche que le Basque bondissant Bixente Lizarazu (1988-1996), homme des transitions (vice-champion 1990, champion de L2 en 1992, capitaine finaliste de la Coupe de l’UEFA) avant de conquérir l’Europe et le monde avec les Bleus, puis la petite lucarne.

Au milieu, on retrouve deux joueurs originaires du Mali, la sentinelle Alou Diarra, capitaine lors du doublé championnat-Coupe de la Ligue en 2009, et la mobylette Jean Tigana (triple champion de France, deux Coupes de France dans les années 80).

Devant eux, trois créateurs qui ont marqué chacun leur époque : la légende du club Alain Giresse (1970-1986) 593 matches et 181 buts au compteur, deux fois titré plus un lob magique pour ramener la coupe de France à la maison après 45 ans d’attente, Zinédine Zidane (1992-1996) qui a pris son envol en Gironde avec un doublé pour débuter en Bleu, et enfin un de ses nombreux successeurs désignés, Yoann Gourcuff, étincelant lors de son passage girondin (2008-2010).

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En attaque, avec ses 35 sélections, le choix du médiatique Christophe Dugarry (1988-1996, puis 2000-2002) s’impose devant Bernard Lacombe (20 sélections) et Sylvain Wiltord (18 sélections), même si son palmarès aux Girondins est moins fourni.

Sur les onze joueurs de cette équipe, deux sont issus de la formation girondine (Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry), trois ont été champions du monde et d’Europe (Lizarazu, Dugarry et Zinedine Zidane), quatre « seulement » d’Europe (Ulrich Ramé, Patrick Battiston, Jean Tigana et Alain Giresse) alors que les « jeunes » Alou Diarra et Yoann Gourcuff ont conquis la France en 2009. Seul André Chorda n’a rien gagné lors de son passage.

Joueurs emblématiques

Alain Giresse : le lutin bordelais (1,63 m), élu joueur de l’histoire des Girondins, a compilé 47 sélections, toutes alors qu’il portait les couleurs de son club formateur. Près de douze ans séparent sa première apparition à Wroclaw (Pologne) en septembre 1974 et sa dernière en demi-finale mondiale perdue (encore) contre la RFA en juin 1986 à Guadalajara. En concurrence au poste de meneur avec Michel Platini, un leader générationnel naturel, on a cru qu’il ne pourrait jamais faire son trou en bleu jusqu’à ce que le sélectionneur Michel Hidalgo ne décide de les aligner ensemble dans le fameux carré magique. Avec succès. Demi-finaliste du Mundial 1982 avec trois buts à son actif – Giresse terminera 2e du Ballon d’or (ouvert aux seuls européens à l’époque) derrière le champion du monde italien Paolo Rossi – il sera un fidèle lieutenant de l’extraterrestre Platoche (9 buts en 5 matches) lors de l’Euro victorieux à domicile deux ans plus tard. Le poids des ans - il avait 34 printemps au Mexique - a sûrement joué sur sa fin de carrière internationale.

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Jean Tigana : le facteur marseillais a fait du chemin. Repéré par Aimé Jacquet alors en poste à Lyon, c’est à Bordeaux qu’il éclate complétement aux côtés de Giresse et d’autres internationaux recrutés au fil des ans par le président Claude Bez. Travailleur infatigable, l’enfant de Bamako s’est construit un palmarès domestique impressionnant (3 titres de champion, 2 Coupes de France) en même temps qu’il flambait sur la scène internationale. Révélation de la Coupe du monde 1982, il confirme en 1984, à l’image de son débordement resté dans toutes les mémoires en fin de prolongation contre le Portugal en demi-finale de l’Euro débouchant sur le but de la victoire de Platini. Une action, entre autres, qui le mènera lui aussi à la 2e place du Ballon d’or (derrière Platini bien sûr). A l’instar de Gigi, il prendra la direction du Marseille de Bernard Tapie en fin de carrière.

Bixente Lizarazu : à l’origine, il s’appelait Vincent, jouait ailier. Puis il est devenu Bixente et s’est reconverti latéral. Un coup gagnant pour le tonique Hendayais touche-à-tout (ski, rugby, surf, pelote basque) débarqué à 15 ans à Bordeaux où il a gravi les marches une par une. Titulaire à 19 ans, aux portes du titre à 20 ans, il est resté fidèle au scapulaire lors de la descente administrative du club en D2 en 1991, mettant temporairement ses ambitions internationales personnelles de côté. Remontée immédiate puis la mayonnaise a pris sur le côté gauche avec le nouveau venu Zinedine Zidane, épaulé par l’autre local de l’étape Christophe Dugarry, qu’on disait plus fort que Zizou dans les catégories de jeunes. Capitaine virevoltant, décisif (28 buts marqués), son bail bordelais s’est terminé en mai 1996 sur une finale européenne perdue contre le Bayern Munich. Son nirvana à venir.

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Sélectionneurs à l’accent girondin

Bordeaux tremplin pour la gloire ? Assurément quand on pense que les deux sélectionneurs français champions du monde ont eu lien avec les Girondins. Pour Aimé Jacquet, il est passionnel avec neuf années passées sur le banc durant la meilleure période du club où il s’est construit un palmarès imposant. Trois titres de champion (1984, 1985, 1987), 2 Coupes de France (1986, 1987), deux demi-finales européennes contre la Juventus (C1 en 1985) et Leipzig (C2 en 1987) avant de filer quasi anonymement à Montpellier, Nancy, puis de rejoindre la DTN (Direction technique nationale) et enfin les Bleus en 1994 avec le dénouement que l’on sait quatre ans plus tard.

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Pour Didier Deschamps, il est passager. Le Basque aux deux étoiles n’a joué qu’une saison à Bordeaux en 1990-1991, en étant prêté par Marseille. Il n’a pas marqué les esprits lors de son passage (5 sélections) comme cela a pu être le cas à Nantes, son club formateur, ou à Marseille où il soulèvera deux ans plus tard la Coupe aux grandes oreilles.

Son prédécesseur chez les Bleus, Laurent Blanc, a lui appris le métier du côté du Haillan. Pendant trois saisons de 2007 à 2010, il a fait souffler le vent du renouveau qui a mis fin au septennat lyonnais et séduit la France du foot dans le sillage d’un Yohan Gourcuff souvent stratosphérique. Pour un coup d’essai, Bordeaux fût un coup de maitre pour le Cévénol même si sa fin de règne et la manière dont la Fédération française l’a débauché ont laissé pas mal d’amertume dans le Port de la lune.

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Enfin, comment ne pas évoquer Raymond Domenech, joueur à moustache et en fin de course d’Aimé Jacquet de 1982 à 1984 (51 matches disputés au total), auteur d’un but décisif lors de la 37e journée propulsant Bordeaux vers le titre de champion 34 ans après sa première levée. En examinant de près les compositions de ses listes de 2004 à 2010, on ne peut imaginer qu’il n’ait pas garder un peu de sang marine dans ses veines. Car c’est bien sous ses ordres qu’on débutait Rio Mavuba, Camel Meriem, Franck Jurietti, Julien Faubert, Yohann Gourcuff, Michaël Ciani et Marc Planus, soit 4 joueurs capés seulement une fois.

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Quand les Bleus jouent à Bordeaux

L’équipe de France s’est produite en tout six fois à Bordeaux, la première fois au Stade Sainte-Germaine du Bouscat contre l’Espagne (0-4) le 30 janvier 1922. Il a fallu attendre 55 ans pour voir les Bleus de nouveau sur les bords de la Garonne pour un officieux Sélection Française – Sélection Roumaine (match dans le match Michel Hidalgo contre Stefan Kovacs) le 2 février 1977 (2-0).

Dans les années 1980, le Parc Lescure n’est pas retenu pour l’Euro 1984 mais en compensation, reçoit deux fois la France : contre l’Autriche (1-0) le 28 mars 1984 avec Alain Giresse capitaine et l’Espagne à nouveau (2-1) le 23 mars 1988, match marqué par la célèbre volée en ciseau de Luis Fernandez. Le 17 août 1994, Zinedine Zidane fait des débuts tonitruants en sortant du banc et en inscrivant un doublé en deux minutes sauvant les Bleus contre la République Tchèque (2-2). Enfin, les hommes de Deschamps ont découvert le Matmut Atlantique contre la Serbie (2-1) le 7 septembre 2015 avec un doublé de Blaise Matuidi.


 

A noter que l’équipe de France s’est aussi déplacée plusieurs fois à Bordeaux à l’occasion de matches de bienfaisance (sous l’appellation France 98 notamment) après le naufrage du Prestige et pour l’association « Liza (razu) pour une mer en bleus », ou pour des jubilés comme ceux de l’ancien sélectionneur unique Gaston Barreau (18 juin 1948), de Marius Trésor (14 juillet 1985) ou d’Alain Giresse (15 mai 1989).

L’équipe de France B a aussi disputé huit matches à Bordeaux contre le Luxembourg en 1929 (5-3), l’Afrique du Nord en 1931 (4-0), l’Allemagne du Sud en 1932 (4-3), le Portugal B en 1947 (4-2), les Pays-Bas B en 1949 (5-0), la Turquie B en 1951 (4-1), l’Autriche B en 1952 (1-0) et le Maroc B en 1966 (2-2).

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