Les neuf finales des Bleus passées au scanner

Publié le 18 octobre 2021 - Bruno Colombari

Qui a marqué lors des neuf finales jouées par l’équipe de France depuis 1984 ? A quelle minute ? Dans quel stade ? Avec quel arbitre ? A quelle date ? Devant combien de monde ? Combien de temps les Bleus ont-ils mené au score ou on été menés ? Quelle était la couleur des maillots ?

Contre l’Espagne le 10 octobre 2021, l’équipe de France a joué sa neuvième finale en tournoi. La Coupe intercontinentale 1985 ayant été jouée sur un match (contre l’Uruguay, victoire 2-0) n’est pas considérée ici comme une finale. Celle des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 (remportée face au Brésil 2-0) non plus, puisqu’elle ne compte pas pour une sélection en A.

Sur les neuf disputées, les Bleus en ont remporté sept, dont les cinq premières. Les deux suivantes (2006 et 2016) ont été perdues, mais pas dans le temps additionnel, et les deux dernières (2018 et 2021) ont été à nouveau gagnées.

Le calendrier

Premier point : à quelles dates ces finales se sont-elles jouées ? L’essentiel d’entre elles tiennent en une vingtaine de jours, entre le 27 juin et le 15 juillet. On remarquera au passage que les deux perdues sont tombées à un jour près, le 9 juillet (Italie 2006) et le 10 juillet (Portugal 2016). La finale de l’Euro 2020 ayant eu lieu le 11 juillet dernier, on aurait peut-être fait la passe de trois. Ou alors elle se serait aussi bien terminée que celle du 12 (Brésil 1998), allez savoir…

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Deux finales seulement s’éloignent de cette période : celle contre le Japon en Coupe des confédérations 2001 (le 10 juin) et évidemment celle face à l’Espagne en Ligue des Nations 2021 (le 10 octobre). Mais cette dernière ne sera peut-être pas la plus tardive dans l’histoire des Bleus, et il faut même le souhaiter : la finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar est prévue le 18 décembre.

Les arbitres

Voyons maintenant par qui l’équipe de France a été arbitrée lors de ses neuf finales. Aucun arbitre n’a officié deux fois, mais deux pays sont représenté à deux reprises : il s’agit de l’Angleterre avec Mark Clattenburg en 2016 et Anthony Taylor en 2021 et l’Argentine avec Horacio Elizondo en 2006 et Nestor Pitana en 2018. Ces deux pays faisant même l’alternance sur les quatre dernières finales, on pourrait imaginer qu’en 2022, si les Bleus vont au bout, ils soient dirigés par un Argentin… ce qui voudrait dire que ce ne serait pas contre l’Albiceleste.

On remarquera au passage que quatre continents sont représentés (l’Afrique avec le Marocain Saïd Belqola en 1998 et l’Asie avec l’Emirati Ali Bujsaim en 2001), l’Europe n’étant majoritaire que de justesse (5 sur 9).

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Les villes

L’équipe de France a joué ses 9 finales dans 7 villes différentes, Saint-Denis en ayant accueilli 3 (Coupe du monde 1998, Coupe des Confédérations 2003 et Euro 2016). Si on ajoute Paris (Euro 1984), ce sont donc 4 finales sur 9 que les Bleus ont disputé à domicile. Curieusement, les 5 jouées à l’étranger se situent toutes à l’Est de Paris. Pourtant 8 finales mondiales ont eu lieu à l’Ouest (Montevideo 1930, Rio 1950 et 2014, Santiago du Chili 1962, Mexico 1970 et 1986, Buenos Aires 1978 et Pasadena 1994), ainsi que celle de l’Euro 2004 (Lisbonne). Mais la France n’y a jamais participé.

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Les horaires

Aucune des finales jouées par les Bleus n’a eu lieu l’après-midi, alors que c’était la règle en Coupe du monde jusqu’en 1978. Celle qui s’est jouée la plus tôt, donc à la lumière du jour, était le France-Croatie 2018 à Moscou (18h sur place), mais le temps couvert et l’orage qui s’est abattu sur le stade Loujniki au moment de la remise du trophée ont donné à la rencontre une ambiance nocturne. La plupart se sont jouées entre 20h et 21h, la plus tardive étant le Portugal-France 2016 qui est allé au bout des prolongations, alors que le France-Cameroun 2003 s’est arrêté au but en or de Thierry Henry à la 97e.

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Les affluences

Aucune des neuf finales des Bleus n’a attiré 80.000 spectateurs, même si deux d’entre elles s’en sont rapproché : celle de Moscou au stade Loujniki en 2018 (78.011) et celle de 1998 à Saint-Denis face au Brésil (75.000). La moins prolifique est la dernière, mais le stade San Siro de Milan n’avait qu’une jauge à 50% de sa capacité en Ligue des Nations. Il y avait 31.511 spectateurs pour voir France-Espagne.

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Les maillots

Les Bleus n’ont pas toujours joué dans cette couleur : à trois reprises, contre le Japon en 2001, face à l’Italie en 2006 et contre l’Espagne en 2021, ils ont évolué en blanc, short et chaussettes compris. Ils n’ont joué que deux fois avec leur tenue classique (maillot bleu, short blanc, chaussettes rouges) : en 1984 et en 1998. Trois autres fois, ils ont arboré un kit bleu-bleu-rouge (Italie 2000, Cameroun 2003 et Portugal 2016) et la dernière, ils étaient tout en bleu (Croatie 2018).

Leurs adversaires ont évolué en rouge (Espagne 1984 et 2021, Portugal 2016), en blanc (Italie 2000, Croatie 2018), en bleu (Japon 2001 et Italie 2006), en vert (Cameroun 2003) ou en jaune (Brésil 1998).

L’évolution des scores

Les Bleus n’ont été menés que trois fois au score en finale, pour un total de 48 minutes (5% du total). Mais ils n’ont mené eux même au score que six fois, pour un total cumulé de 241 minutes (27% du total), alors que pendant 601 minutes (67%), les deux équipes étaient à égalité (0-0 ou 1-1). Mais l’équipe de France a gagné deux finales sans jamais mener au score dans le jeu, sinon au coup de sifflet final : contre l’Italie à Rotterdam en 2000 et face au Cameroun à Saint-Denis en 2003, à chaque fois grâce à un but en or en prolongations.

A l’inverse, il lui est arrivé deux fois d’être menée et de gagner la finale : c’est le cas contre l’Espagne en 2021 à Milan (pendant deux petites minutes, certes) et contre l’Italie à Rotterdam en 2000 pendant plus d’une demi-heure. Un fait intéressant : à chaque fois qu’ils ont encaissé un but en finale, les Français ont répliqué par la suite, sauf deux fois : en 2016 (Eder) et en 2018 (Mandzikic), mais dans le second cas ils menaient déjà 4-1.

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Les buts

22 buts ont été marqués au cours de ces 9 finales : 16 par la France, et 6 seulement par ses adversaires. Côté Français, c’est Zidane qui en a marqué le plus, trois, tous en Coupe du monde. Mbappé en a inscrit deux et a encore le temps de faire mieux, évidemment. Dix autres joueurs en ont marqué un : Bellone, Petit, Wiltord, Trezeguet, Vieira, Henry, Griezmann, Pogba et Benzema, auxquels il faut ajouter le Croate Mandzukic, auteur d’un CSC (le seul en finale mondiale) en 2018.

Très peu de buts ont été inscrits de l’extérieur de la surface : les deux derniers de la finale 2018 (Pogba puis Mbappé, presque du même endroit d’ailleurs et à six minutes d’intervalle) et le tout premier en finale, le coup franc de Platini en 1984. Les zones dans lesquelles sont déclenchés les tirs se situent majoritairement à gauche dans la surface et plein axe. Seuls deux buts ont été marqués depuis la droite : la tête de Vieira contre le Japon en 2001 et le but du genou de Henry face au Cameroun en 2003. Les deux en Coupe des Confédérations, donc.

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Curieusement, les buts marqués du pied droit sont très minoritaires (4 sur 16), au même niveau que ceux inscrits de la tête (4) et loin derrière ceux marqués du pied gauche (7). Le plus étonnant, c’est que quatre droitiers ont marqué de leur mauvais pied en finale : Wiltord et Trezeguet en finale de l’Euro 2000, Pogba en 2018 et Mbappé en 2021. Henry a quant à lui marqué du genou (droit) le but en or contre le Cameroun en 2003.

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Six buts ont été inscrits à l’occasion d’un coup de pied arrêté : deux sur coup franc (Platini en 1984, et Mandzukic en 2018 déviant une frappe de Griezmann), deux sur corner (ceux de Zidane en 1998, tirés respectivement par Petit et Djorkaeff) et deux sur pénalty (par Zidane en 2006 et Griezmann en 2018).

Les buteurs

Enfin, si c’est Zidane qui a marqué le but le plus précoce des 9 finales françaises (à la 7e minute contre l’Italie en 2006), c’est le Portugais Eder qui a inscrit le plus tardif, à la 109e en 2016. Trois périodes de match concentrent plusieurs buts : la 28e minute avec les buts de Zidane contre le Brésil (1998), Vieira contre le Japon (2001) et Perisic pour la Croatie (2018), entre la 64e et la 66e avec Oyarzabal et Benzema lors France-Espagne 2021 et Mbappé contre la Croatie en 2018. Et enfin dans le temps additionnel, avec les buts de Bellone en 1984, Petit en 1998 et Wiltord en 2000. Curieusement, un seul but a été marqué entre la 70e et la 90e minute, celui de Mbappé en 2021 contre l’Espagne (80e).

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